Il y a des défaites qui font mal, et d’autres qui interrogent profondément sur l’organisation d’une sélection. Celle subie par les Barea de Madagascar le 2 juin face aux Lions de l’Atlas du Maroc en
pleine préparation pour la Coupe du Monde, entre clairement dans la seconde catégorie. Les explications de Corentin Martins après la rencontre ont surtout révélé les failles persistantes dans la gestion du groupe national.
Le sélectionneur n’a pas tourné autour du pot : « Pour pouvoir faire un bilan de ce match, il faut se préparer de la même manière que l’adversaire. Ça n’a pas été le cas. Donc, ça, c’est vraiment le départ ».
Une phrase lourde de sens qui sonne comme un réquisitoire contre l’amateurisme ambiant. Pendant que les Lions de l’Atlas enchaînaient les séances intenses depuis trois semaines, les Barea arrivaient avec des joueurs rincés, partis en vacances après la fin des championnats et n’ayant effectué que deux séances d’entraînement.
« La grosse différence, c’est dans la préparation », a-t-il insisté. Le technicien français n’a pas cherché à se justifier. Les Malgaches sont arrivés émoussés, loin de leur pic de forme, tandis que leurs adversaires tournaient à plein régime. Résultat : une équipe fébrile qui prend un but à la 4e minute, incapable de tenir le rythme et qui s’écroule complètement en seconde période avec un penalty et un carton rouge à la clé. « Ça fait beaucoup », a sobrement lâché Martins, visiblement agacé.
Une problématique chronique
Cette gestion approximative devient récurrente. L’année dernière déjà, le stage de juin avait viré au calvaire pour les mêmes raisons. Pourtant, rien ne semble avoir changé au sein de la fédération. On continue de convoquer des joueurs hors de forme, sans stage suffisamment long ni programme de pré-préparation individualisé. Pendant ce temps, les nations ambitieuses comme le Maroc transforment ces fenêtres Fifa en véritables camps de préparation intense. Les Barea, eux, paient cash ce manque criant de professionnalisme.
Certes, le sélectionneur a tenté de positiver en évoquant l’expérience d’évoluer dans un stade plein : « Ça leur permettra, dans le futur, d’être moins timorés ». Mais à force de transformer chaque match de préparation en leçon d’humilité plutôt qu’en match de rodage, on finit par stagner. Les Barea ont eu le ballon en première période sans jamais se montrer réellement dangereux. Défensivement, ce fut une catastrophe.
L’heure des responsabilités
Corentin Martins a beau appeler à plus de sérieux d’ici septembre « que les joueurs s’entraînent et jouent dans leur club, c’est important », c’est surtout aux dirigeants malgaches de prendre leurs responsabilités. On ne peut pas éternellement invoquer le calendrier Fifa comme excuse quand d’autres nations, avec des moyens parfois similaires, arrivent à mieux structurer leurs rassemblements.
Naisa




