Le phénomène d’infanticide par décapitation connaît une recrudescence alarmante. C’est comme si l’on vivait à l’état de barbarie au sens anthropologique du terme. Dans la plupart des cas en effet, ces meurtres sont liés à des superstitions, comme ceux des albinos ayant défrayé la chronique ces derniers temps. Et hier matin à Ambohimanatrika Tanjombato, un nourrisson a subi le même sort, bien qu’il ne soit pas atteint de cette maladie.
Des élèves qui allaient se rendre à l’école, vers 6h30, ont remarqué la présence d’un sac suspect au bord de la route près d’un canal d’évacuation d’eau à Ampamoloana Ambohimanatrika, de la commune rurale de Tanjombato. Celui-ci contenait des effets vestimentaires couverts de sang, tout comme le sol aux alentours. Les enfants ont alors alerté les adultes, lesquels ont avisé les responsables locaux.
Un médecin légiste et les forces de l’ordre se sont rendus sur place pour voir de près ce qui se trouvait dans le sac. Et, voilà qu’ils ont découvert le corps sans tête d’un bébé d’à peine neuf mois. Selon le médecin, la mort du nourrisson remonte à quelques heures à peine, étant donné que le sang n’était pas encore sec. L’on estime qu’il a subi des sévices avant d’être tué. Une enquête est ouverte pour élucider cette affaire.
Cette nouvelle découverte macabre est survenue, deux jours après celle du garçon de 10 ans à Ambalajia Ambinagninifango, district de Mandritsara, samedi matin. Le dénommé Clario était en situation de handicap et sa famille croyait qu’il portait malheur après la mort mystérieuse et successive de ses trois proches. On l’a alors enfermé dans une maison et maltraité.
Ainsi dans la nuit de vendredi, deux cousins de l’enfant, âgés respectivement de 16 et 20 ans, l’ont récupéré incognito, tué et ont laissé le corps inanimé près d’une rivière. Ils ont commis l’acte en pensant que cela pourrait mettre fin à la malédiction qui s’abattait sur la famille. Les forces de l’ordre les ont arrêtés, samedi pour les besoins de l’enquête.
Huit enfants et adolescents albinos enlevés cette année
Cette découverte macabre à Mandritsara a eu lieu le même jour que la réception d’un message téléphonique menaçant par la famille de la fillette albinos décapité à Toliara. A l’aide du numéro 038.91.122.20, les inconnus l’a prévenue qu’ils allaient encore sévir, sachant que « La tête de l’albinos était trop petite pour le rite sacrificiel ». Ils ont prétendu ne pas avoir peur des forces de l’ordre, poussant l’association Albinos Madagascar à hausser le ton.
Rien que ces six derniers mois de cette année en effet, huit cas d’enlèvement d’enfants et adolescents albinos ont été recensés. Six de ces personnes kidnappées ont été décapitées, et un bébé âgé de 9 mois reste encore introuvable. Entre 2022 et 2026, 96 personnes atteintes d’albinisme ont été victimes d’enlèvement dont 33 ont perdu la vie. 25 ont eu lieu en 2022 dont sept morts, 21 en 2023 avec cinq victimes, 24 en 2024 dont la moitié soit 12 ont tous été assassinés et 16 en 2025 dont trois morts.
LR




