Face aux doléances des députés: Six ministres ont pris en compte les réalités du terrain

Les échanges entre les députés et certains membres du gouvernement, hier à Tsimbazaza, ont principalement porté sur les difficultés rencontrées par la population sur le terrain. Agriculture, eau potable, justice de proximité, élevage et pouvoir d’achat, ont été au cœur du débat. Six ministres sur les dix convoqués ont répondu présents à l’Assemblée nationale.

Il s’agit notamment de la ministre de la Justice, Fa­nirisoa Ernaivo, du mi­nis­tre de l’Économie et des finances, Herinjatovo Aimé Ramiarison, du ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire, Gaëtan Ramanoelina, du ministre de l’Élevage, Riana Nantenaina Andrianomenja­nahary, du ministre de l’Industrialisa­tion et du développement du secteur privé, Ny Riana Nampoina Raharimanjato, ainsi que de la ministre de l’Eau, de l’assainissement et de l’hygiène, Minosoa Raza­findrianiaina.
Et comme à l’accoutumée, les élus ont relevé les problèmes rencontrés par les populations locales. Les de­mandes de création de tribunaux, le manque d’eau potable, les besoins en semences et engrais, la réhabilitation des barrages, la construction d’abattoirs ainsi que l’amélioration des services publics déconcentrés, ont été largement évoqués

Une justice de proximité
La ministre de la Justice a expliqué que la création de nouveaux tribunaux répond à plusieurs critères, notamment le nombre d’habitants, l’éloignement géographique et les exigences techniques. Elle a précisé que cette de­mande n’avait pas encore été inscrite dans le budget de l’année en cours,
Elle a également évoqué le recrutement de nouveaux magistrats et greffiers, ainsi que la mise en place d’un système permettant une meil­leure répartition des personnels judiciaires sur l’ensemble du territoire, afin de rapprocher la justice des citoyens.

Soutien à la production
Sur les questions liées à l’agriculture, la distribution de semences, d’engrais, et la construction de barrages et canaux d’irrigation figurent parmi les principales do­léances des députés. A ce sujet, le ministre de l’Agri­culture a réaffirmé la volonté du gouvernement de soutenir les producteurs. Il a annoncé l’acquisition de centaines de tracteurs destinés à faciliter les travaux agricoles. Par ailleurs, 2.000 agents de vulgarisation rurale se­ront recrutés, qui seront déployés dans les communes afin de renforcer l’encadrement des agriculteurs. L’amélioration des systèmes de production de café et de vanille ainsi que la modernisation des équipements agricoles figurent également parmi les priorités.

Élevage et souveraineté
alimentaire
Le ministre de l’Élevage a indiqué que la construction de nouveaux abattoirs est incluse dans le projet financé par le Fida. Si le financement prévu dans la loi de finances 2027 est validé, une centaine d’abattoirs pourraient être construites à travers le pays.
Concernant le prix des vaccins, il a précisé que le système de tarification est encore en cours d’étude, avec la participation de co­mités au niveau des districts. Il a également rappelé que des efforts sont en cours pour soutenir la distribution de poussins et améliorer la production d’aliments pour bétail, considérée comme un levier essentiel de la souveraineté alimentaire.

L’eau, une problématique persistante
La ministre de l’Eau a avancé que les projets d’amélioration de l’approvisionnement en eau se poursuivent, notamment l’extension de la station de traitement de Mandroseza et plusieurs projets financés par des partenaires internationaux.
Selon elle, le projet Paaep a bénéficié d’un financement additionnel de 800 millions de dollars, destiné à résou­dre durablement les problèmes d’eau dans le pays. Des travaux sont déjà en cours dans certaines localités com­me Ambatoboeny, et de nou­veaux forages seront réalisés dans les zones encore en difficulté.

Amélioration de l’économie locale
Les questions économi­ques ont également été abordées, notamment la création de bureaux fiscaux, les allègements fiscaux pour les agriculteurs, l’augmentation des indemnités des chefs fokontany et la protection du pouvoir d’achat.
Selon le ministre de l’Économie et des finances, la création de nouveaux bureaux fiscaux dépend du nombre de contribuables et d’études techniques spécifiques. Il a assuré que les efforts se poursuivent pour préserver le pouvoir d’achat à travers la stabilité macroéconomique et l’accélération des projets structurants.
Il a également souligné que l’Etat ne crée pas directement des emplois, mais met en place un environnement favorable permettant au secteur privé d’investir et de générer des emplois.
Bien que la séance ait duré plusieurs heures, de nombreux députés n’ont pas pu s’exprimer faute de temps. La date de la prochaine session avec les quatre ministres absents n’a pas encore été fixée.

S.A

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