Une nouvelle étude nationale intitulée « Pauvreté sur fond de crises combinées à Madagascar » révèle les mécanismes qui maintiennent de nombreux ménages dans une situation de vulnérabilité durable. Présentés hier à Antananarivo, lors d’un atelier organisé par l’Institut d’Études Politiques Madagascar (IEP Madagascar), à Ampandrana, les résultats appellent des politiques publiques plus adaptées, pour renforcer la résilience des populations face aux crises.
Réalisée dans le cadre du programme international DEEP (Data and Evidence to End Extreme Poverty), cette recherche est basée « Pauvreté sur fond de crises combinées à Madagascar » s’appuie sur l’analyse des récits de près de 16.500 ménages à travers le pays.
D’après les chercheurs, la pauvreté ne résulte pas uniquement d’un manque de revenus. Elle est aggravée par une accumulation de crises économiques, climatiques, sociales et institutionnelles. Sécheresses, cyclones, inflation, maladies ou pertes d’emploi effacent régulièrement les efforts des ménages pour reconstruire leurs moyens de subsistance, créant ainsi de véritables « pièges à pauvreté ».
L’étude souligne aussi les inégalités territoriales, les vulnérabilités liées au genre, l’accès limité aux services essentiels et la faiblesse des mécanismes de protection sociale. Pour y répondre, plusieurs actions sont proposées : renforcer les revenus ruraux, améliorer l’accès à la santé et à l’éducation, sécuriser le foncier et soutenir l’autonomisation économique des femmes.
Solutions durables
Présent à l’ouverture des travaux, le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, a déclaré que « La recherche ne doit plus être considérée comme un simple exercice théorique. Elle constitue une source de solutions concrètes pour améliorer la gouvernance, l’économie et la société ».
Le chef du gouvernement a jugé prioritaire d’appuyer les décisions publiques, à partir des données fiables et d’une analyse approfondie. « Il est important de faire émerger les solutions durables par l’écoute, le dialogue et une compréhension globale des réalités politiques, sociales, juridiques et économiques », a-t-il affirmé.
De son côté, le président du conseil d’administration de l’IEP Madagascar, Davida Rajaon, a plaidé pour un rapprochement entre recherche et action publique. « Les résultats scientifiques doivent éclairer les politiques de développement afin de mieux répondre aux défis, notamment la lutte contre la pauvreté », a-t-il soutenu.
Arh.




