Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que la Direction générale des impôts auprès du ministère des Finances et de l’économie se décide à appliquer la nouvelle taxe sur les véhicules à moteur (TVM). Bien évidemment, il faut renflouer au plus vite les caisses de l’Etat et cela, par tous les moyens.
Ce qui est incongru dans l’application de cette nouvelle taxe est le fait qu’on ne fait que copier bêtement ce qui se fait dans les pays développés. La différence est que dans ces pays-là, rares sont les véhicules qui sont âgés de plus de cinq voire trois ans. Leur système fait qu’ils peuvent changer de voitures comme on change de chaussettes.
Ce qui n’est pas le cas dans les pays comme Madagascar. Avoir une voiture n’est pas donné à tout le monde, vu le niveau de vie de la population. Et quand on en a une, on la garde plusieurs années. C’est pourquoi, en général, le parc automobile du pays est constitué de véhicules d’un certain âge.
Cela est possible grâce à l’ingéniosité reconnue des mécaniciens et des carrossiers malgaches. Et pour entretenir ces véhicules, ils ont recours au système D. Mais toujours est-il que malgré leur âge, ces véhicules roulent bien sans avoir rien à envier aux nouveaux modèles.
Mais c’est là que le bât blesse. Dans le cadre de son application, le montant de la varie selon les caractéristiques du véhicule (selon l’âge et la puissance). Plus les véhicules sont puissants et plus ils sont âgés, plus élevée est la taxe à payer. Or, la grande partie du parc automobile malgache est composée de cette catégorie.
Cette catégorie de véhicules va donc être fortement pénalisée. Or, si leurs propriétaires s’évertuent de les faire rouler malgré, c’est parce qu’il leurs est difficile d’acquérir une nouvelle voiture. Ce sont les entreprises et les ministères qui ont surtout cette capacité.
D’ailleurs, il faut souligner que ces véhicules d’un certain âge ont suffisamment soutenu les caisses de l’Etat à travers le Fonds d’entretien routier (Fer) par l’achat de carburants depuis leur mise en circulation. Pour le citoyen lambda, la question qui se pose est : Pourquoi cet empressement à appliquer la nouvelle taxe?
Et à quoi va-t-elle servir ? Est-ce pour financer les indemnités et primes mirobolantes des agents du ministère ? On notera en passant que les « honorables » élus du peuple qui sont actuellement en session ordinaire n’ont pas daigné s’y intéresser, du moins jusqu’à ce moment.
Ce qui n’a rien d’étonnant. Eux, ils ont leurs nouveaux « tout terrain ». Autrement dit, la nouvelle taxe ne les affecte pas tellement. Ils ont certainement d’autres chats à fouetter. Quoi qu’il en soit, dans un silence complice, on laisse plumer les honnêtes gens.
Ranaivo Lala Honoré




