Sciences: Madagascar rejoint le réseau des radiotélescopes

Une nouvelle page de l’histoire scientifique de Madagascar s’est ouverte hier à l’Université d’Antananarivo avec l’inauguration du premier radiotélescope du pays. Baptisé TART (Transient Array Radio Telescope), cet équipement a été présenté à l’occasion de la conférence internationale TART Madagascar 2026, organisée du 10 au 12 juin sur le campus d’Ankatso.

Fruit d’un partenariat entre l’Electronics re­search foundation of New Zealand, le South African Radio Astronomy Observatory (Sarao) et l’Université d’Antananarivo, ce radiotélescope représente une avancée importante pour la recherche et la formation scientifique à Mada­gascar. Composé de 24 antennes, il permet d’observer le ciel radio en continu et de détecter des phénomènes cosmiques tels que les pulsars, les galaxies lointaines ou d’autres signaux venus de l’espace.
Pour le Pr Solohery Ran­dria­mampandry, chef de l’Astrophysique et de l’As­tro­nomie à l’Université d’Antananarivo, l’événement marque une étape majeure pour la science malgache. « La science, la technologie et l’innovation sont indispensables au développement. L’Université doit être un moteur de cette avancée scientifique », affirme-t-il.
Selon lui, le TART permettra aux étudiants des filières Stem (Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques) de se former sur un véritable outil de recherche. « Il ne s’agit pas seulement d’observer les étoiles, la Lune ou le Soleil. Les compétences acquises pourront aussi servir à exploiter des données satellitaires pour le suivi des inondations, de l’agriculture ou d’autres phénomènes environnementaux », explique-t-il.

Un outil scientifique connecté au monde
Le Pr Randriamam­pan­dry rappelle que ce radiotélescope a été obtenu grâce à la coopération entre l’Afri­que du Sud et la Nouvelle-Zélande. Il est désormais relié à un réseau international comprenant notamment des instruments installés en Afrique du Sud, au Ghana et à l’île Maurice. « Autrefois, nous utilisions principalement des données venant de l’étranger. Aujourd’hui, nous pouvons recevoir directement les signaux, les analyser et produire nos propres résultats scientifiques », souligne-t-il.
Pendant trois jours, chercheurs et spécialistes venus de Nouvelle-Zélande, d’­ Afri­­que du Sud et des Pays-Bas échangent avec les universitaires et étudiants malgaches autour de la radioastronomie et de l’analyse de données.
« La science transcende les frontières et rapproche les nations. Puisse TART inspirer les jeunes esprits malgaches à lever les yeux vers le ciel avec curiosité, confiance et ambition », conclut le Pr Solohery Randriamampandry.
L’installation du TART marque également l’intégration de Madagascar dans les réseaux internationaux de recherche liés au projet Square Kilometre Array (SKA), le plus vaste projet de radiotélescope jamais entrepris au monde.

Fahranarison

Partager sur: