Transports en commun: entre colère des coopératives et ras-le-bol des usagers

Alors que certaines coopératives de bus de la capitale annoncent une grève pour protester contre les sanctions et immobilisations de véhicules effectuées par la Direction des transports et de la mobilité urbaine (DTMU), de nombreux usagers peinent à adhérer au mouvement. Pour eux, les difficultés du secteur ne se limitent pas aux contrôles routiers, mais concernent surtout les manquements quotidiens constatés sur plusieurs lignes de transport.

Les transporteurs dénoncent des mesures qu’ils jugent abusives. Cependant, de nombreux passagers estiment que ces contrôles sont souvent la conséquence du non-respect du cahier des charges imposé aux coopératives. Surcharge des véhicules, non-respect des arrêts et des itinéraires, prises et descentes de passagers dans des endroits non autorisés ou encore comportements parfois peu courtois de certains chauffeurs et receveurs figurent parmi les principales plaintes.

Aux heures de pointe, les usagers sont régulièrement contraints de voyager dans des conditions difficiles, parfois entassés dans des véhicules déjà pleins. D’autres dénoncent des changements d’itinéraires effectués sans préavis afin d’éviter certains axes embouteillés, obligeant les passagers à marcher davantage pour rejoindre leur destination ou à payer un frais supplémentaire en changeant de bus.

«Qu’ils fassent grève si cela leur chante, mais nous aussi, nous sommes lassés de ces abus», confie un usager. Comme lui, plusieurs habitants de la capitale espèrent que les autorités renforceront les contrôles et favoriseront l’arrivée de nouveaux opérateurs capables d’offrir un service plus fiable et plus respectueux des normes.

De leur côté, les transporteurs des zones nationales, régionales, suburbaines et urbaines regroupés au sein de la plateforme «Firaisankina» ont tenu à se désolidariser du mouvement. A l’issue d’une rencontre avec les responsables de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA), ils ont réaffirmé leur volonté de privilégier le dialogue afin de trouver des solutions concertées aux problèmes du secteur.
Au-delà de la grève annoncée, cette affaire met en évidence le malaise persistant qui entoure les transports publics dans la capitale. Entre revendications des professionnels et attentes des usagers, la question de l’amélioration de la qualité du service, du respect des règles et de la modernisation du parc automobile reste plus que jamais d’actualité.

Sera R. / Mparany

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