Grève des transporteurs: Antananarivo au ralenti

La capitale a connu une journée particulièrement mouvementée hier. Des chauffeurs et receveurs de taxi-be se sont mobilisés pour réclamer la dissolution de la Direction des transports et de la mobilité urbaine (DTMU), paralysant une partie du réseau de transport dans la ville et ses environs.

Munis de banderoles, de pancartes et de sifflets, des centaines de chauffeurs et receveurs de taxi-be d’Antana­na­rivo et de ses environs ont convergé vers le parvis de l’hôtel de ville d’Analakely. Les manifestants dénoncent les sanctions et les contrôles effectués par la police municipale, qu’ils accusent d’être entachés de corruption, et exigent la dissolution de la DTMU.
Le mouvement de grève a fortement perturbé le quotidien des habitants. Faute de transports en commun, de nombreux travailleurs ont dû rejoindre leur lieu de travail à pied. Les perturbations ont toutefois été atténuées par le fait qu’une grande partie des élèves est déjà en vacances.
La manifestation a mobilisé d’importants dispositifs de sécurité. Selon le commissaire de police Tahina Heri­laza, commandant du Corps urbain (CCU), la mission
des forces de l’ordre consistait à maintenir l’ordre public, sécuriser les lieux et garantir la liberté de circulation.
«Certains manifestants ont caillassé des véhicules. D’autres ont même tenté d’incendier un camion de la Commune urbaine d’Antananarivo, mais nous sommes intervenus à temps », a-t-il déclaré. Un manifestant a été brièvement interpellé avant d’être relâché.
D’après le responsable policier, aucun incident majeur n’a finalement été enregistré. Les forces de l’ordre sont restées sur place toute la journée afin de sé­curiser le site où se tenaient les discussions entre les représentants des grévistes et les responsables de la CUA conduits par le président de la délégation spéciale (PDS).
A l’issue de la rencontre, les deux parties sont parvenues à un accord. La suspension des frais de transport liés à la mise en fourrière, fixés à 200.000 ariary et au cœur des revendications des manifestants, a été décidée. Dans la foulée, le directeur des transports et de la mobilité urbaine (DTMU) a été relevé de ses fonctions. Contacté par téléphone, l’intéressé a toutefois souligné que le montant contesté avait été fixé par les conseillers municipaux. «En tant qu’exécutif, je n’ai rien à voir dans la fixation du montant de la mise en fourrière», a-t-il déclaré.

Reprise progressive du service

A l’issue des discussions, les coopératives de transport ont annoncé une reprise du service dès la soirée d’hier. Sur le terrain, toutefois, le retour à la normale est resté timide.
Pour atténuer les difficultés de déplacement des usagers, la présidence de la Refondation a mobilisé une quarantaine de bus Foton stationnés à Iavoloha. Conduits par des militaires, ces véhicules assurent gratuitement le transport des passagers jusqu’au rétablissement normal du réseau de transport urbain, selon les autorités.

Les doléances des usagers

Cette grève a également mis en lumière les nombreuses plaintes des usagers à l’égard du transport en commun dans la capitale. Parmi les griefs les plus fréquemment évoqués figurent l’incivilité de certains chauffeurs et receveurs, les changements d’itinéraires imposés aux voyageurs, les problèmes d’hygiène ainsi que les surcharges récurrentes aux heures de pointe.
Face à ces dysfonctionnements, la CUA a promis de renforcer les contrôles et d’adopter une attitude plus ferme afin d’améliorer la qualité du service offert aux usagers.

Mparany / Sera R.

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