Soutien aux chauffeurs et receveurs des Taxi-be: Clémence Raharinirina s’est attiré les foudres de l’opinion publique

Alors que la grève des transporteurs urbains a fortement freiné les déplacements et perturbé l’ordre public dans la capitale, à quelques jours des festivités nationales, la cheffe de la région d’Analamanga, Clémence Raharinirina leur apporte son soutien, ce qui n’est pas du goût de l’opinion publique.

Récupération politique ! La cheffe de la région Analamanga, Clémen­ce Raharinirina, s’est emparée de la grève des receveurs et chauffeurs des taxi-be, pour sortir de son silence et tirer à boulets rouges sur la Présidence de la délégation spéciale (PDS) de la Com­mune urbaine d’Antanana­rivo, qui ne fait qu’appliquer le code de la route et fait respecter les règles inscrites dans le cahier des charges pour le transport en commun.
S’exprimant publiquement sur le sujet, Clémence Raharinirina a estimé que plusieurs mesures adoptées par les responsables de la commune ont été prises sans concertation suffisante et pourraient avoir des répercussions négatives sur les habitants de la capitale.
«Ces décisions interviennent à un moment particulièrement sensible, à l’approche des festivités, période durant laquelle la stabilité sociale devrait être privilégiée», a-t-elle déclaré.
D’après Clémence Raha­rinirina, elle a déjà exprimé ses réserves par rapport à ce sujet. «Ce dossier avait déjà fait l’objet de débats lorsqu’elle siégeait au conseil municipal d’Antananarivo». «A l’époque, les conseillers municipaux du «Tiako i Madagasikara» ou Tim partageaient également cette position», ajoute-t-elle.
De son côté, le PDS, Feno Ralambomanana qui n’a pas voulu polémiquer, a juste souligné qu’il suffit de respecter les règles si on veut éviter les sanctions. Et la mise en fourrière des taxi-be pris en flagrant délit d’infraction, est une mesure adoptée conformément aux procédures en vigueur, avec l’approbation de la majorité des responsables concernés.
Une déclaration soutenue par l’opinion publique sur les réseaux sociaux, ras-le-bol de la gabegie dans le transport public. Des usagers en colère encouragent même la CUA à renforcer les sanctions sans état d’âme.

Vives réactions
Juste après cette déclaration, Clémence Raharinirina s’est attirée la foudre de
l’opinion publique. Pour certains, cette sortie médiatique de la cheffe de région, s’apparente à une récupération politique, cautionnant cette manifestation des chauffeurs et receveurs des taxi-be, susceptible de troubler l’ordre public, au lieu d’appeler au dialogue. La crise sociale se transforme en bataille politique.
Sur les réseaux sociaux, des internautes reprochent
à Clémence Rahanirina,
d’avoir attisé les tensions au lieu de contribuer à leur apaisement, tandis que d’autres estiment qu’un membre de l’Exécutif devrait faire preuve de solidarité face à une situation aussi sensible.
Ces déclarations ont toutefois suscité des interrogations. En sa qualité de cheffe de la région Analamanga, Clémence Raharinirina fait partie des responsables chargés de participer aux négociations visant à régler le problème. Pour certains ob­servateurs, sa déclaration avant la réunion entre la CUA et les coopératives urbaines, apparaît davantage comme une prise de position politique que com­me une démarche de médiation, dans un contexte politique tendu entre elle et le parti Tiako i Madagasikara (Tim).

Rakoto

Partager sur: