Asaramanitra: les volailles deviennent un luxe pour de nombreux ménages

A quelques heures de la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance, les marchés de la capitale ont été pris d’assaut. Dès les premières heures de la matinée, les allées de Mahazo, d’Ambohidahy-Ankadindramamy et d’autres places de marché étaient noires de monde. Comme chaque année, les ménages tentaient de réunir de quoi préparer un repas un peu plus festif qu’à l’ordinaire pour l’Asaramanitra.

Mais derrière cette effervescence, le constat est sans appel : la fête nationale pèse lourdement sur le portefeuille des familles. Si la volaille reste traditionnellement au menu de cette journée, elle est devenue inaccessible pour une grande partie des consommateurs.
Sur les marchés, le poulet gasy se négocie entre 30.000 et 40.000 ariary. Les canards coûtent entre 25.000 et 35.000 ariary, tandis que les oies et les dindes s’affichent entre 70.000 et 120.000 ariary, voire davantage selon les vendeurs. Des prix qui refroidissent les ardeurs de nombreux ménages.
Face à cette flambée, beaucoup ont dû revoir leurs ambitions. Les familles aux revenus modestes se sont tournées vers des volailles déjà préparées, vendues au kilo, une solution plus abordable. D’autres ont tout simplement renoncé aux menus élaborés, se limitant aux produits de première nécessité. Les entrées, les boissons et les desserts ont, pour beaucoup, disparu des listes de courses.

Budget très serré

Selon les ménages rencontrés sur les marchés de Mahazo et d’Ambohidahy-Ankadindramamy, le budget consacré aux achats pour la fête oscille en moyenne entre 50.000 et 60.000 ariary, un montant qui ne permet plus de composer le repas traditionnel auquel aspirent de nombreuses familles.
« Cette année, il n’y aura pas de festin pour l’Asara­manitra. Notre budget est très serré et les prix continuent de grimper », confie une mère de famille, résignée.
Une autre raconte que cela fait déjà plusieurs années que sa famille n’a plus eu les moyens de mettre de la volaille sur la table à l’occasion de la fête nationale. « Nous faisons avec ce que nous avons. L’essentiel est d’être ensemble », glisse-t-elle.
Si les marchés sont restés animés jusqu’à la veille des festivités, l’ambiance traduit aussi les difficultés économiques auxquelles sont con­frontés de nombreux ménages. Cette année encore, pour beaucoup de Malga­ches, célébrer l’indépendance ne rime pas forcément avec repas de fête. La traditionnelle volaille de l’Asara­manitra est devenu, pour certains, un luxe qu’ils ne peuvent plus s’offrir.

Fahranarison

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