Il y a des Coupes du monde où les buts marqués, les exploits réalisés et les émotions vécues, constituent les moments forts. Et puis il y a celles qui font couler beaucoup d’encre et défrayent la chronique, avant-même le coup d’envoi, en dehors du terrain. Les premiers cartons rouges n’ont pas été distribués par les arbitres, mais par les administrations. Certains joueurs, membres des staffs et délégations ont été privés de visa, obligés de rester à quai pour des raisons apparentes. Pour dire que l’enjeu n’est pas seulement sportif, mais aussi politique.
Et comme si cela ne suffisait pas, l’affaire Balogun fait maintenant l’objet de discussions enflammées sur la toile. Pour rappel, ce joueur américain a écopé d’un carton rouge, pour avoir marché sur une jambe du défenseur bosnien Tarik Muharemovic à la réception d’un saut qui entraîne normalement une suspension automatique d’un match. Mais coup de théâtre, la Fifa a tout bonnement annulé les sanctions. Balogun fera partie des 11 américains face au diable rouge de la Belgique.
Entre interrogations, interprétations et prises de position, le débat s’est rapidement invité sur les plateaux de télévision et les réseaux sociaux. Certes et sans conteste, il n’y a pas d’exception qui confirme la règle en football. Mais aux Etats-Unis, au-delà des 90 minutes, c’est une autre histoire.
Au fond, le ballon rond est devenu un miroir du monde. Il reflète les tensions, les rivalités, les enjeux géopolitiques de la planète. Aujourd’hui, une décision administrative prise à des milliers de kilomètres, peut devenir un sujet de discussion planétaire en quelques heures, sur les réseaux sociaux. Les informations et les polémiques circulent à la vitesse d’une fulgurante contre-attaque.
Madagascar, certes, n’est pas de la partie sur la pelouse. Les Barea ne figurent pas parmi les équipes engagées. Pourtant, comme des millions d’autres passionnés, les férus et les amateurs du ballon rond malgaches suivent cette compétition avec attention. D’autant plus maintenant que cette Coupe du monde, décrit le monde dans lequel on vit, entre diplomatie et stratégies d’influence. C’est bien plus qu’un foot.
Rakoto




