Etat fédéral ou Etat unitaire ? C’est la question qui divise actuellement les Malgaches. Et qu’on le veuille ou non, il faudra trancher sur le vif pour savoir ce qui correspond pour le mieux à la trentaine de millions de Malgaches qui va être concernée par ce choix.
Qu’on le veuille ou non, chacun de ces systèmes a ses avantages et ses inconvénients. Mais la véritable question ne se situe pas au niveau de ce choix, mais plutôt répondre à la question : Comment éviter une éventuelle capture d’ Etat par un groupe restreint d’intellectuels ?
C’est la véritable question ! Il faudra éviter les erreurs qu’on a fait depuis l’Indépendance du pays. Il faut accepter que ce qui motive un grand nombre de partisans que ce soit du fédéralisme ou de l’Etat unitaire, c’est d’avoir une chance d’accéder au pouvoir et d’en profiter.
Il faut reconnaitre que bien rares sont ceux qui pensent seulement aux intérêts de la nation. Pouvoir profiter des avantages liés à un haut poste de l’Etat est toujours l’objectif final inavoué. Mais pouvoir entrer dans le cercle de pouvoir n’est pas offert à n’importe qui.
N’est-il pas étonnant que, depuis des décennies, ce sont toujours les mêmes têtes, les mêmes familles, … qui reviennent dans le cercle du pouvoir lors de chaque nomination ou élection à un haut poste du pouvoir ? C’est la réalité même qu’on ne peut pas ignorer.
En effet, comment expliquer qu’un élu réussisse à garder son siège au sein de l’Assemblée nationale pendant 3 ou 4 mandats alors que son bilan pour les avantages de la circonscription où il a été élu est quasiment nul. Mais personne ne conteste sa réélection.
L’absence de résultats positifs ne remet jamais en question sa réélection. Cela s’explique par le verrouillage systématique de toutes les arcanes du pouvoir par un groupe constitué. Et dans l’état actuel des choses, c’est un rêve ou une utopie de penser pouvoir percer par ses propres compétences ou ses qualités.
Si une nouvelle tête arrive, comme par hasard, à émerger dans le cercle de pouvoir, c’est qu’elle a, sans aucun doute, obtenu la « bénédiction » de ce cercle. C’est-à-dire, avoir accepté de perpétuer le système qui existe et qui est en place. Autrement, c’est l’éviction totale.
C’est pour toutes ces raisons qu’à chaque fois, toutes les espérances qui ont été placées dans un changement radical au niveau de la gouvernance du pays ont toujours échouées. La raison est que, en tout état de cause, rien ne se crée, tout se transforme.
Ranaivo Lala Honoré




