Trois mois après l’expulsion de son prédécesseur et la vive réaction de Paris, le colonel Olivier Guillon, nouvel attaché de sécurité intérieure de l’ambassade de France à Madagascar, a été reçu, hier, par les ministres malgaches de la Sécurité publique et de la Justice. Cette nouvelle nomination relance la coopération entre les deux pays dans des secteurs particulièrement sensibles.
Dans l’après-midi, le diplomate français a été reçu à Anosy par le ministre de la Sécurité publique, l’inspecteur général de police Erick Michel. A l’issue de la rencontre, le ministère a déclaré que la collaboration entre les deux parties doit contribuer à la sécurité et à la stabilité de Madagascar, mais également de l’ensemble de la région de l’océan Indien.
Le même jour, Olivier Guillon, accompagné du commandant divisionnaire Frédéric Lartigau et du premier conseiller de l’ambassade de France, Julien Buissart, a également rendu visite au ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo. Cette fois, les échanges ont porté sur la coopération judiciaire entre les deux pays en vue de consolider une relation de longue date dans les domaines de la justice et de la lutte contre la criminalité.
Cette double réception traduit la volonté des autorités malgaches et de la représentation française de maintenir des relations opérationnelles dans des secteurs qui nécessitent des échanges réguliers d’informations, une coordination institutionnelle et une confiance mutuelle.
Transition…
La prise de fonctions d’Olivier Guillon intervient effectivement après que les autorités malgaches ont déclaré, fin avril, son prédécesseur, le colonel Pierre Couve, persona non grata. Antananarivo l’avait alors accusé d’être impliqué dans une tentative présumée de déstabilisation. La France avait fermement rejeté ces accusations et convoqué le chargé d’affaires malgache à Paris afin de protester contre cette décision. Cet épisode a provoqué une tension à tel point que les observateurs se sont interrogés sur l’avenir de la coopération policière et judiciaire franco-malgache.
La réception officielle de son successeur par deux membres du gouvernement constitue donc un signe de décrispation. Malgré les désaccords survenus quelques mois plus tôt, Paris et Antananarivo souhaitent relancer leur collaboration dans les domaines de la sécurité et de la justice.
En effet, les déclarations faites à la suite des rencontres insistent sur la continuité, le renforcement de la coopération et la stabilité régionale, sans toucher un mot de la crise de fin avril. Ce silence illustre l’intention des deux parties de reconstruire une relation de confiance. De plus, la prise de poste du colonel Olivier Guillon intervient pendant une période de transition au sein de la représentation diplomatique française et prépare une nouvelle étape des relations entre Paris et Antananarivo dans la perspective de l’arrivée d’un nouvel ambassadeur.
Tivo Rasam




