Nommé en avril et de passage à Antananarivo dans le cadre du projet sur l’Architecture régionale de sécurité maritime, le secrétaire général de la Commission de l’océan Indien, le Dr Ibrahim Norbert Richard, a présenté hier sa vision pour les deux prochaines années. Il entend moderniser la Commission de l’océan Indien (COI), réunissant l’Union des Comores, la France au titre de La Réunion, Madagascar, Maurice et les Seychelles, et consolider son rôle de porte-voix des Etats insulaires sur la scène africaine et internationale.
La modernisation de la Commission de l’océan Indien figure parmi les principaux chantiers que souhaite engager le Dr Ibrahim Norbert Richard durant son mandat. Pour le secrétaire général, l’organisation régionale doit renforcer ses capacités afin de mieux représenter les intérêts communs de ses Etats membres face aux grands défis économiques, environnementaux et sécuritaires.
Dans cette perspective, « la COI doit consolider son statut d’acteur régional capable de fédérer les pays de l’océan Indien autour des problématiques qui dépassent les frontières nationales », a-t-il affirmé. Le changement climatiques, la sécurité alimentaire, la connectivité entre les îles, les trafics maritimes et le développement des échanges économiques nécessitent, selon lui, des réponses collectives.
« L’important est de mettre en place les bases d’une organisation qui consolide son statut d’acteur régional, qui fédère et relie les Etats membres sur des problématiques mieux traitées au niveau régional », a-t-il expliqué.
Ressources financières
A travers sa modernisation, la COI veut mieux défendre les intérêts des Etats membres, mais également des Etats insulaires au sein des instances africaines et internationales. En effet, les pays insulaires de l’océan Indien sont particulièrement exposés aux conséquences du changement climatique, à l’érosion côtière, à la montée du niveau de la mer, aux catastrophes naturelles ainsi qu’aux difficultés d’approvisionnement alimentaire et énergétique. Ils sont également confrontés à des coûts élevés de transport et à une connectivité encore insuffisante.
Pour Ibrahim Norbert Richard, spécialiste de l’intégration régionale et ancien sous-secrétaire général de l’Organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), ces vulnérabilités doivent être davantage prises en compte dans les décisions internationales. La COI doit donc renforcer sa capacité de plaidoyer et devenir un véritable porte-voix régional sur les enjeux liés aux océans, au climat, au développement durable et au financement des économies insulaires. L’objectif est de permettre aux Etats membres de défendre des positions communes et de peser davantage dans les négociations internationales.
La modernisation de l’organisation passe également par le renforcement de ses ressources financières. La COI travaille étroitement avec ses partenaires traditionnels, l’Union européenne et l’Agence française de développement.
Mais face à la baisse de leurs contributions financières et à la croissance importante des besoins, le secrétaire général estime nécessaire de diversifier les partenaires et d’explorer de nouveaux mécanismes de financement. La COI souhaite ainsi renforcer son accès aux fonds internationaux consacrés au climat et au développement. Le Fonds vert pour le climat et le Fonds d’adaptation figurent parmi les mécanismes identifiés. L’organisation poursuit également les démarches nécessaires pour renforcer son accès direct aux financements de l’Union européenne.
Ces nouvelles ressources pourraient soutenir des projets régionaux dans les domaines de la résilience climatique, de la sécurité alimentaire, de la protection des océans, de la connectivité et de la transition économique.
Tivo Rasam




