Blanchiment de capitaux : Madagascar face au test de résultats

Après plusieurs années de renforcement des lois et des institutions, Madagascar doit faire ses preuves preuve. La rencontre consacrée à l’éthique financière, organisée hier au Samifin, en partenariat avec l’Union européenne, intervient quelques jours seulement après la mission d’évaluation de l’ESAAMLG, le Groupe anti-blanchiment de l’Afrique orientale et australe.

Du 13 au 30 juillet, les experts de l’ESAAMLG, ont évalué Madagascar. Et apparemment, le pays a beaucoup progressé dans la mise en place du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et trafics illicites. En 2018, Madagas­car a appliqué 13 recommandations sur 40 du Gafi, jugées conformes ou largement conformes. Mais avant cette nouvelle évaluation, Madagascar en a appliqué 29.
Mais le prochain test consiste à assurer le bon fonctionnement des mécanismes. Il faudra démontrer la capacité des administrations à détecter les transactions suspectes, mener des investigations financières, poursuivre les auteurs, identifier les bénéficiaires réels des fonds, saisir les avoirs et récupérer l’argent issu d’activités illicites.
L’Etat veut mettre l’accent sur l’éthique financière, l’intégrité économique et la transparence dans la gestion des fonds publics. L’enjeu budgétaire est considérable dans la mesure où le Samifin avait estimé à près de 1.500 milliards d’ariary les flux financiers illicites identifiés en 2024. La fraude fiscale figure également parmi les principales menaces identifiées.
La difficulté réside aussi dans la diversité des circuits. Fraude fiscale, corruption, détournement, ou trafics peuvent générer des revenus qui peuvent être blanchis à travers des sociétés, des transactions commerciales, des acquisitions de biens ou des transferts internationaux. D’où la forte mobilisation gouvernementale et institutionnelle autour du Samifin. Fiscalité, douanes, justice, services d’enquête, banques, contrôle des dépenses publiques… aucune administration ne peut, seule, lutter contre les circuits financiers clandestins.

Tivo Rasam

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