Au cœur des arcanes souvent troubles du football malgache, où les dossiers salariaux se transforment trop facilement en batailles de communication entre institutions, la déclaration d’Alain Désiré Rasambany, ministre de la Jeunesse et des Sports, de ce samedi, résonne comme un véritable coup de sifflet final.
Sans détour, le ministre a reconnu l’existence d’arriérés de salaire en faveur de Romuald Rakotondrabe, plus connu sous le sobriquet de Roro, ancien sélectionneur des Barea.
« Il existe effectivement encore des arriérés de salaire de l’ancien entraîneur des Barea de Madagascar, Romuald Rakotondrabe (Roro), qui n’ont pas été réglés. Le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) ainsi que la Fédération malgache de football (FMF) assument chacun la part qui leur incombe. D’ailleurs, le ministère va faire une relance de ce dossier », a expliqué M. Rasambany.
Cette annonce, claire et assumée, s’impose comme un désaveu cinglant du communiqué publié samedi dernier par la FMF. Dans ce texte, la fédération tentait de se laver les mains de toute responsabilité, en martelant qu’aucun contrat n’avait été signé entre elle et l’ancien coach des Barea A et des Barea CHAN. Un exercice de contorsion juridique qui sentait le renvoi de balle à plein nez, destiné à diluer les obligations plutôt qu’à les honorer.
Le communiqué fédéral s’évertuait à retracer le parcours de Roro : nomination le 30 mai 2023 en remplacement de Nicolas Dupuis, renouvellement le 17 mai 2024 d’un contrat tripartite – technicien, FMF et ministère – censé courir jusqu’en octobre 2026, puis démission après le match Madagascar-Tunisie du 14 novembre 2024. La FMF soulignait ensuite que Roro ne figurait pas parmi les soixante candidats au poste de sélectionneur ouvert en novembre, avant d’insister lourdement sur l’absence de tout contrat pour la gestion de l’équipe nationale A’ (CHAN), que le coach avait acceptée après son départ. Pour les éventuelles sommes dues, la fédération se contentait d’un vague « examen conforme aux dispositions du contrat tripartite », tout en rappelant qu’en dehors de l’équipe A, les sélectionneurs des autres catégories ne perçoivent que des primes au résultat. Autant de précautions oratoires destinées à éluder l’essentiel : le non-paiement des arriérés.
Par ce communiqué, la FMF tentait purement et simplement de se dédouaner, alors même que le MJS, par la voix de son ministre, assume désormais pleinement sa part de responsabilité. Le message est limpide : plus question pour la fédération de jouer les spectateurs innocents sur le banc de touche. Le dossier sera relancé, et chacun devra répondre de ses engagements.
Roro n’est pas un cas isolé
L’affaire dépasse d’ailleurs le seul cas de Roro. Selon des informations qui circulent avec insistance sur la toile, l’actuel sélectionneur des Barea A, Corentin Martins, accumulerait déjà cinq mois de salaire impayés. Un signal d’alarme supplémentaire dans un vestiaire où la confiance s’érode à chaque échéance non honorée, et où les retards de paiement deviennent une triste habitude plutôt qu’une exception.
Romuald Rakotondrabe, lui, a fini par sortir de son silence, juste avant de s’envoler vers son nouveau club, Al-Merreikh SC. Sa patience a atteint sa limite. Après des mois d’attente et de non-dits, l’ancien coach des Barea a choisi de lever le voile, laissant la FMF et le ministère face à leurs responsabilités croisées.
Naisa




