La très probable nomination de Marc Dillard comme ambassadeur des Etats-Unis, laisse entrevoir un choix stratégique dans la diplomatie américaine à Madagascar. Le 7 août, la Maison-Blanche a transmis au Sénat sa candidature au poste d’ambassadeur des Etats-Unis à Madagascar et aux Comores. Cette décision intervient alors que les dossiers économiques et sécuritaires prennent une place croissante dans les relations entre Washington et Antananarivo.
Diplomate de carrière, membre du Senior Foreign Service au rang de Minister-Counselor et disposant d’une solide expérience dans l’analyse de politico-économique au Département d’Etat américain, Marc Dillard connaît bien le continent africain. Après avoir servi au Kenya, il a rejoint en 2025 l’ambassade américaine en Afrique du Sud comme numéro deux de la mission. Son éventuelle arrivée à Antananarivo placerait donc aux commandes un diplomate habitué aux enjeux politiques et économiques africains, particulièrement ceux de la région australe.
Les échanges commerciaux tiennent déjà une part importante dans la relation bilatérale. En 2025, les échanges de marchandises entre les deux pays ont atteint 755,9 millions de dollars. Madagascar a exporté pour 695,5 millions de dollars vers les Etats-Unis, contre seulement 60,4 millions d’importations. En outre, le pays reste éligible à l’Agoa en 2026, le programme commercial américain ayant été prorogé jusqu’au 31 décembre.
En avril, Antananarivo accueillait déjà le Madagascar-United States Trade and Investment Symposium, pour favoriser des partenariats commerciaux et des investissements plus concrets. Ainsi, le futur ambassadeur aura également comme défi de développer la présence économique américaine dans le pays.
Intensifier le partenariat
Le calendrier donne également à cette nomination une autre dimension. Le 4 août, trois jours avant la transmission du dossier de Marc Dillard au Sénat, une délégation de l’US Coast Guard a évalué les mesures de sûreté du port de Toamasina dans le cadre de son programme international de sécurité portuaire. Pour rappel, les garde-côtes américains ont annoncé en février la révocation d’exemptions dont bénéficiaient certaines installations portuaires malgaches.
Les signaux ne se limitent pas au commerce et aux ports. En juin, l’ambassade américaine a organisé des rencontres de haut niveau avec les autorités malgaches. Commerce, sécurité et dialogue politique tendent ainsi à prendre davantage de place dans la relation bilatérale.
Si le Sénat confirme sa nomination, Marc Dillard n’arrivera donc pas seulement pour gérer une relation diplomatique existante. Il prendra ses fonctions à un moment où Washington et Antananarivo cherchent à intensifier leur partenariat.
Tivo Rasam




