Selon le rapport sur la politique monétaire de Banky foiben’i Madagasikara (BFM), la balance des échanges de services de Madagascar s’est dégradée au premier semestre 2026. Le déficit atteint 229,7 millions de dollars, contre 192,9 millions sur la même période en 2025.
Cette dégradation s’explique notamment par la forte progression, de 54,2 %, des paiements liés aux services de voyage. Les frais de scolarité des étudiants malgaches à l’étranger et les évacuations sanitaires ont fortement alourdi la facture extérieure.
Les échanges dans le secteur du transport ont également progressé, avec une hausse de 16,4 % des exportations et de 10,7 % des importations, en lien avec les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Le tourisme soutient les recettes
La dégradation de la balance des services a toutefois été partiellement compensée par la reprise du tourisme. Au cours des six premiers mois de 2026, les arrivées de touristes non-croisiéristes ont atteint 136.378 visiteurs, contre 117.978 un an auparavant, soit une hausse de 15,6 %.
Cette progression traduit le redressement des flux touristiques internationaux vers la Grande Île, favorisé notamment par l’amélioration du contexte politique et le retour de la confiance des voyageurs. Elle reste néanmoins insuffisante pour compenser la hausse des dépenses effectuées à l’étranger.
Sur le marché interbancaire des devises, la situation est plus favorable, avec une hausse de 119,1 % des recettes provenant des prestations de services.
Le renforcement de l’attractivité touristique et le développement de services à forte valeur ajoutée apparaissent ainsi nécessaires pour réduire durablement le déficit. L’Office national du tourisme de Madagascar (ONTM) a d’ailleurs récemment réuni le secteur privé touristique autour d’une vision commune de promotion de la destination.
Jean Riana




