« La décision de suspendre temporairement les droits de douane et les taxes appliqués à l’importation du riz fait suite au constat de nos techniciens par rapport au fait que la production locale demeure encore insuffisante pour couvrir les besoins du marché », a expliqué Haingotiana Andriamadison, ministre du Commerce et de la consommation.
De ce fait, le recours à l’importation s’avère être impératif pour combler le déficit, alors que Madagascar s’apprête à entrer dans la période de soudure.
« Il est important que le ministère veille à ce qu’il n’y ait pas de pénurie de riz », a indiqué la ministre tout en soulignant la nécessité de recourir aux importations pour combler temporairement le déficit de l’offre locale.
Opérations encadrées
La suspension des droits et taxes ne signifie toutefois pas une ouverture sans contrôle des frontières. La ministre a précisé que le dispositif mis en place depuis mars reste maintenu. « Les opérateurs professionnels doivent déclarer à l’avance leurs prévisions d’importation auprès du ministère du Commerce et de la consommation (MinCC) », a-t-elle rappelé. À partir de ces déclarations, le MinCC peut autoriser ou limiter les volumes importés, afin d’éviter les importations anarchiques et de maintenir un certain équilibre sur le marché.
Cette mesure intervient dans un contexte assez sensible pour les riziculteurs locaux, qui ont d’ores et déjà crié haro face à la baisse récente du prix du paddy. La ministre a donc tenu à rassurer la filière : cette décision du gouvernement ne vise pas à privilégier les consommateurs au détriment des producteurs. L’intention des autorités est d’agir simultanément sur les deux fronts, à savoir garantir l’approvisionnement à court terme tout en réduisant progressivement la dépendance de Madagascar aux importations de riz.
Par ailleurs, des mécanismes ont été enclenchés pour soutenir le monde rural, notamment la mobilisation de la State Procurement of Madagascar (SPM) pour acheter le riz paddy directement auprès des producteurs. Cette orientation s’inscrit dans la politique gouvernementale visant à réduire progressivement la dépendance du pays vis-à-vis du riz importé. L’allègement temporaire de la fiscalité à l’importation est donc présenté comme une réponse conjoncturelle aux besoins du marché, et non comme une remise en cause de l’objectif d’autosuffisance alimentaire.
Jean Riana




