A l’issue des trois journées du collectif des professeurs des universités de Madagascar qui se sont déroulées à Fianarantsoa depuis lundi, la relance des droits souverains sur le plateau continental de Madagascar a figuré parmi leurs recommandations, cette zone étant un prolongement naturel de la Grande île. « On est prêt à apporter nos savoir-faire pour la réussite de cette acquisition », a souligné le collectif.
Pour rappel en 2011, en vertu de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), l’Etat malgache a soumis auprès de la Commission des limites du plateau continental (CLPC) un dossier visant à l’extension de ses droits souverains sur les fonds marins de cette zone d’une surface de 860.900 km2. Cependant jusqu’ici, le document n’est toujours pas bouclé, à défaut probablement de volonté politique et financière. En effet, effectuer des travaux de levées sismiques marines d’au moins 2.780 km pour la limitation de ce plateau s’évalue à des dizaines de millions de dollars, voire en centaine de millions dans certains cas. La collaboration avec des partenaires est ainsi non seulement primordiale mais également urgent car à défaut, le plateau revendiqué tomberait dans le fonds du patrimoine commun de l’humanité.
Enjeu économique
De source auprès d’un océanographe de l’université de Toliara, le fond marin visé par l’extension revêt un enjeu économique colossal, rien qu’en ressources halieutiques. Il recèle aussi d’importantes potentialités en hydrocarbures (pétrole et gaz naturel) tout en renfermant diverses ressources telles que les sulfures polymétalliques hydrothermaux, les nodules polymétalliques et les encroûtements cobaltifères.
Les prospections effectuées ont aussi relevé la présence de diverses ressources liées, entre autres, à l’énergie géothermale, la faune et flore pharmaceutique, des hydrates de gaz, des hydrocarbures, des métaux et pierres précieuses, des micro-organismes, des placers de minéraux lourds, des dépôts de phosphates, et bien d’autres encore. « On a ainsi beaucoup d’intérêt à se battre sérieusement, pour la réussite de ce projet d’extension », a conclu notre source.
Sera R.




