Antananarivo accueille, du 15 au 17 septembre, un atelier régional consacré à la protection des lanceurs d’alerte et des témoins. Réunissant Madagascar, les Comores, Maurice, les Seychelles et les Maldives. Echanges d’expériences et élaboration d’une réponse commune, pour mieux lutter contre la corruption, sont à l’ordre du jour.
Organisé conjointement par le Comité pour la Sauvegarde de l’Intégrité (CSI) et le Bureau Indépendant Anti-Corruption (Bianco), avec l’appui de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), cet atelier place la protection efficace de ceux qui signalent des faits répréhensibles ou apportent leur témoignage sur des affaires sensibles, au cœur des discussions.
Pendant trois jours, les représentants des cinq pays ont l’occasion de confronter leurs expériences, leurs bonnes pratiques, mais également d’analyser les difficultés rencontrées. Les travaux doivent permettre d’identifier des pistes d’amélioration et surtout de poser les bases d’une feuille de route commune destinée à renforcer les mécanismes de protection à l’échelle régionale.
La lutte contre la corruption exige de plus en plus une coopération entre les États. Le blanchiment, les flux financiers et la criminalité économique peuvent en effet dépasser les frontières. Dans ce cas, la protection des témoins et des lanceurs d’alerte constitue un enjeu essentiel. A ce titre, la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC) prévoit des mesures contre les représailles et les traitements injustifiés visant les personnes qui témoignent ou signalent de bonne foi des faits de corruption.
La rencontre d’Antananarivo doit ainsi permettre aux pays participants d’identifier des mécanismes susceptibles d’être renforcés ou rapprochés, en vue d’une feuille de route régionale dont les contours devraient se préciser à l’issue des travaux, le 17 septembre.
Renforcer le dispositif
Pour Madagascar, des dispositifs de protection contre les lanceurs d’alerte existent déjà. Mais les autorités envisagent la mise en place d’un cadre juridique offrant des garanties plus sûres aux lanceurs d’alerte et aux témoins. D’ailleurs, à l’issue de la phase d’évaluation de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption, il a été recommandé d’adopter une loi assurant une protection matérielle et physique suffisante aux témoins et aux lanceurs d’alerte.
L’enjeu sera donc de traduire les échanges d’Antananarivo en mécanismes concrets. Encourager les signalements ne suffit pas. Il faut que ceux qui prennent le risque de dévoiler des faits de corruption, puissent le faire sans craindre les représailles. En réunissant cinq Etats insulaires autour de cette problématique, Madagascar entend ainsi inscrire son chantier national dans une dynamique plus large.
Tivo Rasam/N.A




