Anthelme Ramparany et Pety Rakotoniaina: le torchon brûle

La tension monte d’un cran entre Anthelme Ramparany, l’ancien ministre de l’Environnement du régime HVM et Pety Rakotoniaina, député issu de l’ancienne majorité présidentielle (Irmar), qui porte maintenant une nouvelle étiquette politique, baptisée Vovonan’ny Fihavaozan’i Madagasikara (VFM), soutenant le régime de la Refondation.

Ils s’envoient des piques verbales sans retenue, par médias interposés. An­thelme Ramparany accuse le VFM de servir les intérêts politiques d’Andry Rajoe­lina et de préparer une stratégie d’affaiblissement au détriment du président Mi­chaël Randrianirina. Quant à Pety Rakotoniaina, il riposte en défendant son engagement politique, avant de lancer de graves accusations personnelles. Une passe d’armes qui dépasse désormais le simple débat sur la Refondation.
Le torchon brûle entre Anthelme Ramparany et Pety Rakotoniaina, député et vice-président du VFM. Au cœur des affrontements, la place des anciens partisans ferveurs d’Andry Rajoelina dans la nouvelle configuration poli­tique et leur ralliement au processus de Refondation. Anthelme Ramparany a ouvert les hostilités en dénonçant ce qu’il qualifie comme une stratégie politique or­chestrée par Andry Rajoelina et son en­tourage.
«La création du VFM a d’abord pour objectif d’affaiblir Siteny Randrianasolo­niaiko. Une fois cette première étape franchie, la manœuvre visera prochainement le président Michaël Randrianirina lui-même», affirme-t-il.
Anthelme Ramparany pointe du doigt les anciens réseaux du pouvoir voulant chercher à reprendre le contrôle de la scène politique nationale afin d’imposer leur volonté au chef de l’Etat.

Contre-attaque
La riposte de Pety Ra­kotoniaina ne se fait pas attendre. Le vice-président du VFM rejette les accusations visant les parlementaires issus de l’ancienne majorité et défend leur droit de participer à la Refondation.
«La légitimité d’un engagement politique ne peut être déterminée uniquement par la participation aux ma­nifestations ayant abouti à la chute du régime Rajoelina. Je rappelle mes propres prises de position en faveur d’une reconstruction en profondeur du pays dès 2013, puis en 2018. J’assume également mon soutien ultérieur à Andry Rajoelina», souligne-t-il tout en expliquant avoir dû composer avec les circonstances politiques de l’époque.
Il renvoie ensuite à ses détracteurs l’accusation d’ap­partenance à un ancien clan politique. Selon son raisonnement, soutenir les différents présidents qui se sont succédé à Madagascar, pour­raient faire l’objet d’une même reproche. Il cible particulièrement Anthelme Ramparany, qu’il présente à son tour comme un ancien partisan de Hery Rajao­narimampianina.

Le bois de rose s’invite dans la confrontation
Mais la confrontation ne s’arrête pas aux divergences politiques. Pety Rakoto­niaina va plus loin dans ses attaques en mettant personnellement en cause An­thelme Ramparany sur la question du bois de rose.
Le vice-président du VFM l’accuse de détournement de richesses nationales et affirme qu’un dossier relatif au bois de rose le concernerait. Il soutient également que son contradicteur aurait quitté le pays par crainte d’être emprisonné, alors qu’il doit répondre à ses accusations.
Cette dissension illustre les désaccords qui entourent la participation d’anciens membres de la majorité présidentielle au processus de Refondation. D’un côté, An­thelme Ramparany met en garde contre une possible reprise d’influence des an­ciens réseaux politiques. De l’autre, Pety Rakotoniaina revendique le droit des parlementaires à soutenir le nouveau pouvoir, indépendamment de leurs engagements passés.

Rakoto

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