Madagascar entend faire du non-alignement l’un des principes fondamentaux de sa politique étrangère. À l’occasion de la cérémonie de clôture des Assises nationales de la diplomatie malgache, hier à Anosy, les autorités ont prôné une diplomatie fondée sur la souveraineté, la diversification des partenariats et la défense des intérêts nationaux.
Les Assises ont été organisées afin de repenser les priorités, les partenariats et le positionnement international de Madagascar. Le ministère des Affaires étrangères a placé au cœur des consultations plusieurs thèmes, les partenariats stratégiques, la diplomatie économique, la souveraineté, la sécurité et le rayonnement international du pays.
Lors de la clôture, le général Marcellin Zafitasondry Ranoelson, Haut conseiller de la Refondation, a présenté le non-alignement comme l’une des orientations appelées à guider les relations extérieures de Madagascar. L’objectif affiché est de permettre au pays de coopérer avec différents partenaires sans dépendre exclusivement d’un État ou d’un bloc.
Pour autant, cette orientation ne signifie pas, selon le discours prononcé, une rupture avec les partenaires traditionnels, au profit de nouvelles puissances. Antananarivo entend plutôt maintenir ses relations existantes tout en diversifiant ses coopérations, selon les intérêts du pays. Le non-alignement n’est d’ailleurs pas entièrement nouveau dans la diplomatie malgache. Le principe d’une diplomatie «non alignée, indépendante et ouverte sur le monde» avait déjà été adoptée par les autorités malgaches au cours des années précédentes.
Intérêts stratégiques
Cette recherche d’autonomie diplomatique est également associée à une volonté de mieux protéger les secteurs considérés comme stratégiques. Dans son discours, le général Zafitasondry Ranoelson a évoqué les ports, les ressources du sous-sol, l’énergie, les télécommunications et les données, estimant qu’aucun partenaire ne devrait disposer d’une position exclusive dans ces domaines.
L’enjeu est ainsi de définir ce que Madagascar considère comme ses priorités et ses «lignes rouges» dans ses relations avec l’extérieur, tout en continuant à rechercher des partenariats internationaux. Cette orientation rejoint certaines des conclusions générales des Assises. Les recommandations présentées mettent l’accent sur le renforcement de la souveraineté, de la sécurité maritime, de la diplomatie économique et sur une meilleure valorisation de la position stratégique de Madagascar dans l’océan Indien.
Diplomatie économique
Le non-alignement voulu par les autorités ne se limite cependant pas au positionnement géopolitique. Il doit aussi accompagner une diplomatie davantage orientée vers les résultats économiques.
Dans cette optique, Madagascar entend rechercher des possibilités d’investissement créateurs d’emplois, favoriser la transformation locale des matières premières et obtenir davantage de transferts de technologies et de compétences. Cette orientation se reflète déjà dans les relations bilatérales récentes, lors des échanges avec l’Allemagne. Le ministère des Affaires étrangères a indiqué vouloir faire évoluer la coopération vers davantage d’investissement privé, de transfert technologique, de formation et de création d’emplois.
Par ailleurs, Antananarivo continue de consolider ses relations avec des partenaires traditionnels. Début septembre, Madagascar et les États-Unis ont ainsi réaffirmé leur volonté de renforcer leurs relations économiques et commerciales, tandis que les relations avec la France restent inscrites dans une feuille de route bilatérale renouvelée.
Les recommandations issues des Assises doivent désormais servir de base à l’élaboration d’un Livre blanc destiné à orienter la politique étrangère malgache à l’horizon 2040.
Rakoto




