Les femmes malgaches entendent prendre part à la refondation institutionnelle du pays. Hier à Ivandry, elles ont remis un document de plaidoyer consacré à la réforme de la Constitution, des institutions et du système électoral, à Elisa Randrianirina, épouse du président de la Refondation, et à la ministre de la Population et de la solidarité, Cathia Voahanginirina Rakotoniaina.
Il s’agit des propositions et des recommandations issues des consultations des femmes organisées en juin dernier, sur les réformes à entreprendre, avec la contribution des représentantes de la société civile, d’élues locales, des parlementaires et de jeunes leaders issues de différentes régions.
Soutenue par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), à travers le projet de Renforcement des processus électoraux et démocratiques à Madagascar (RPEDem), avec l’appui du gouvernement japonais et d’autres partenaires, l’initiative vise à prendre en compte les avis des femmes et à leur offrir une espace de discussions sur les réformes institutionnelles dans le pays.
Sous-représentation politique
Et le plaidoyer des femmes leaders repose sur trois axes majeurs. Le premier concerne la réforme constitutionnelle, afin de garantir une égalité effective des droits entre les femmes et les hommes. Le deuxième axe porte sur la réforme du système électoral et vise à réduire les obstacles financiers à la participation des femmes, notamment les cautions exigées des candidats. Enfin, le troisième volet concerne la réforme institutionnelle, destinée à promouvoir la parité dans les nominations aux hautes fonctions de l’État et à instaurer une budgétisation sensible au genre.
Ces propositions interviennent dans un contexte de sous-représentation politique des femmes. Selon les données présentées par le Pnud, lors du Forum national des femmes du 4 juin, celles-ci occupaient 18,5 % des sièges à l’Assemblée nationale, à l’issue des dernières élections législatives. L’organisation soulignait également l’absence de mécanisme légal garantissant leur représentation politique.
Pour les participantes, l’enjeu est désormais de transformer les recommandations issues des consultations en un véritable processus de dialogue. D’ailleurs, Elisa Randrianirina a insisté à cette occasion sur la nécessité de donner une suite concrète aux propositions. «Ce document ne devait pas rester un simple livret, mais servir de base aux concertations nationales et à l’élaboration de nouvelles lois», a-t-elle souligné.
La Première dame a également appelé à maintenir le dialogue avec les femmes au-delà des rencontres ponctuelles, en leur permettant de présenter de nouvelles propositions.
Tivo Rasam / N.A




