Fièvre, diarrhée, yeux rouges et signes respiratoires : ces symptômes observés chez plusieurs malades d’Ampasinambo et de Fasitsara font émerger deux pistes sanitaires préoccupantes, à savoir la rougeole et le paludisme. Face à une situation qui a déjà fait 36 morts, les autorités renforcent les investigations et la prise en charge, sans encore établir de diagnostic unique.
A Ampasinambo, dans le district d’Ifanadiana, 31 patients sont actuellement pris en charge, dont une majorité d’enfants de moins de cinq ans. Le bilan fait état de 36 décès dans les deux communes : 18 à Ampasinambo (quatre à l’hôpital et 14 au sein de la communauté) et 18 décès communautaires à Fasitsara depuis juin.
Environ 70 % des patients soumis à des tests de diagnostic rapide (TDR) se sont révélés positifs au paludisme, selon la Direction régionale de la santé publique (DRSP) de Vatovavy. La rougeole reste également suspectée en raison des manifestations oculaires et respiratoires. Dans les premières phases de la riposte, des vaccinations et des distributions de vitamine A ont été engagées. Pour lever les incertitudes, des prélèvements ont été transmis à l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM).
La ministre de la Santé publique, le Dr Monira Managna, s’est rendue sur place samedi. Des médicaments ont été acheminés et une équipe médicale pluridisciplinaire, comprenant notamment des pédiatres, a été déployée pour la prise en charge des cas graves. La vaccination de proximité est en préparation avec le concours des agents de santé communautaires.
Malgré ce bilan, le Dr Christophe Tsitohery, directeur régional de la santé publique, indique que l’urgence sanitaire est maîtrisée. Des drones déployés par l’UNFPA ont déjà effectué huit vols depuis vendredi pour livrer des produits essentiels comme des antipaludiques, vaccins contre la rougeole, la poliomyélite et la tuberculose.
Fahranarison




