Vivre la carrière qu’on a envisagée ou rêvée à l’enfance fut largement possible autrefois. Or, d’après le président de l’université de Vakinankaratra, le Dr Antsonantenainarivony Ononamandimby, cela n’est plus possible aujourd’hui face aux difficultés rencontrées au niveau du marché de travail. On devrait ainsi orienter l’élève dès son plus jeune âge, si on espère qu’il bénéficie plus tard d’un métier qui lui convient et approprié. Interview.
* Les Nouvelles : Pourquoi vous affirmez que bénéficier plus tard d’un emploi rêvé devient de plus en plus difficile actuellement ?
– Dr Antsonantenainarivony Ononamandimby : Autrefois, lorsqu’un enfant a un rêve et une préférence sur la carrière qu’il envisageait à l’âge adulte, il avait choisi ce qu’il aimait vraiment et il était très motivé pour y parvenir. Cependant au fil des années, cette ancienne approche est devenue obsolète pour divers facteurs, pour ne citer que la croissance démographique qui intensifie la concurrence sur le marché du travail. A titre d’exemple, le recrutement d’enseignants était jadis très difficile alors que de nos jours, on observe un excédent de postulants.
Le contexte actuel exige des compétences spécifiques et de grande qualité sur le marché du travail, car la demande dépasse de plus en plus l’offre. Les rêves ne se concrétisent plus ainsi en raison du nombre élevé des demandes. Il est donc essentiel de se renseigner sur les emplois disponibles ainsi que sur les formations requises.
* Que faut-il faire alors ?
– Il apparaît par la suite que les talents et les compétences d’un jeune ne correspondent pas aux réalités de l’époque dans laquelle il vit. Il incombe donc aux éducateurs, en particulier au sein de l’enseignement supérieur, de les orienter vers les différentes voies possibles, lors des journées portes ouvertes par exemple. Cela permet aux étudiants, notamment ceux qui viennent d’obtenir leur baccalauréat, d’harmoniser leur parcours d’études et leur développement personnel avec les exigences du monde professionnel de leur environnement et de leur époque.
De ce fait, les élèves devraient déjà être informés des parcours d’études possibles dès le primaire, car cela leur permettrait d’harmoniser plus tard leurs choix selon leurs aspirations et leurs aptitudes actuelles.
* L’université de Vakinankaratra dans tout cela ?
– Allant dans ce sens, l’université de Vakinankaratra compte en son sein une école et trois instituts. Nous nous sommes rendus à plusieurs reprises auprès des lycées de la région afin de présenter nos programmes académiques. Le but étant de permettre aux élèves d’identifier très tôt les matières sur lesquelles ils doivent se concentrer pour atteindre leurs objectifs. A titre d’exemple, en ce qui concerne le marché du travail ici dans le Vakinankaratra, le génie industriel est très demandé, pourtant, on compte très peu d’étudiants attirés par cette spécialité, en raison d’un manque d’information sur ce débouché professionnel.
* Que faut-il faire pour que cette solution soit pérenne ?
– Nous devons prendre en compte ce qui représente essentiellement l’éducation: les élèves, les parents et les éducateurs. Une compréhension commune et une cohérence d’action doivent s’établir entre ces trois entités. Au premier plan figure la discipline qui, inculquée par les parents au foyer, constitue le fondement de base. Elle se prolonge ensuite au niveau de la sphère éducative et engendre plus tard des résultats positifs pour la nation. Toutefois, en tant qu’éducateur, je constate que ce sens de la discipline semble s’effriter, une tendance accentuée par la mondialisation.
Le deuxième point concerne le programme d’enseignement lui-même, qui nécessite un examen attentif. Bien qu’il existe une coordination en matière d’éducation entre les ministères de l’Éducation nationale, l’Enseignement technique ainsi que l’Enseignement supérieur, la question demeure toujours de savoir si le programme est réellement en adéquation avec les besoins du marché du travail. Il est ainsi nécessaire d’assurer une synchronisation et une continuité du cursus éducatif, allant du préscolaire jusqu’à l’université.
Le troisième et dernier point porte sur la vision. Le secteur de l’éducation doit se doter d’un plan clair à long terme qui devrait être suivi d’une manière constante, indépendamment du changement de régime politique ainsi que de dirigeants.
Propos recueillis par Sera R.





