El Niño: le gouvernement sonne l’alerte et prépare Madagascar

Le risque climatique monte d’un cran. Face aux menaces potentielles liées au phénomène El Niño, le gouvernement décide de ne pas attendre que les premières difficultés apparaissent. Le Conseil des ministres de mardi a approuvé une communication consacrée à la préparation de Madagascar face à ce risque majeur. Une décision qui intervient dans un contexte de préoccupations croissantes autour de l’eau, de l’agriculture et de la sécurité alimentaire.

Le message est clair : anticiper plutôt que subir. El Niño peut provoquer d’importantes per­turbations météorologiques, avec des conséquences différentes selon les régions et les périodes. A Madagascar, certaines zones pourraient connaître un déficit de précipitations, tandis que d’autres pourraient être confrontées à des épisodes de pluies intenses et à des inondations. Dans le Sud et l’Ouest notamment, une baisse des précipitations pourrait accentuer la pression sur les ressources en eau et compliquer davantage les activités agricoles et pastorales.

Mais le risque ne se limite pas à la sécheresse. Fortes chaleurs, raréfaction de l’eau, baisse des rendements agricoles, feux de végétation, mais aussi pluies intenses et inondations font partie des phénomènes susceptibles d’accompagner les perturbations climatiques.

L’agriculture sous pression

L’enjeu est majeur pour Madagascar, où une grande partie de la population dépend directement de l’agriculture, de l’élevage et des ressources naturelles. Une dégradation des conditions météorologiques pourrait donc rapidement se traduire par une baisse de la production, des difficultés d’approvisionnement en eau et une pression accrue sur les revenus des ménages ruraux.

WWF Madagascar a également alerté sur les risques pour l’agriculture, les ressources en eau et la sécurité alimentaire. Une perturbation de la production pourrait, par ricochet, contribuer à une hausse du prix des denrées alimentaires et accentuer les difficultés des populations les plus vulnérables.

L’eau, le nerf de la bataille

Dans ce contexte, la gestion de l’eau devient un enjeu central. La collecte et le stockage des eaux de pluie, la protection des sources, l’amélioration des infrastructures hydrauliques et l’adaptation des pratiques agricoles constituent les leviers incontournables de la préparation.
Le renforcement des systèmes d’alerte précoce apparaît également crucial afin que les autorités et les communautés disposent suffisamment tôt d’informations permettant de prendre des mesures adaptées.

Du Conseil des ministres au terrain

La décision prise à Iavoloha constitue une première étape. Le véritable défi sera désormais de traduire cette préparation en actions concrètes.

Que prévoit-on pour les agriculteurs ? Comment sé­curiser les semences et les récoltes ? Quelles réserves d’eau doivent être constituées ? Comment protéger les zones exposées aux inondations et à la sécheresse ?

Autant de questions auxquelles les différents secteurs devront apporter des réponses avant que les éventuelles difficultés ne deviennent une urgence.
Car face à El Niño, attendre les premiers dégâts pour agir pourrait coûter beaucoup plus cher que se préparer dès maintenant.
Pour Madagascar, le compte à rebours de la prévention est lancé.

Fahranarison

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