Catherine Vautrin à Antananarivo : Madagascar et la France relancent leur coopération militaire

C’est la première visite d’une ministre française des Armées et des anciens combattants à Madagascar, depuis l’avènement de la Refondation. Et elle n’a rien d’anodin.

En déplacement officiel dans l’océan Indien, en marge du lancement de la mission « Pégase 2026 » menée par l’Armée de l’Air et de l’Espace française dans l’océan Indien, la ministre française des Armées et des anciens combattants, Cathe­rine Vautrin a débarqué hier à Antananarivo, avec un agenda chargé et un message clair : la France veut redevenir un pays partenaire incontournable de Madagas­car en matière de sécurité.
Dans ce cadre, elle a été reçue par le président de la Refondation de la Républi­que de Madagascar, Michaël Randrianirina et le ministre des Forces armées, le Géné­ral Maminirina Ely Razafi­tombo, au lendemain d’un geste symbolique fort : le survol de la Grande Île par un Rafale français avec, à son bord, le ministre malgache lui-même.
Et cette visite est tout sauf un hasard dans un con­texte géopolitique actuel. Depuis un an, Madagascar est courtisée de toutes parts. La Russie multiplie les offres de coopération militaire et de formation, la Turquie pro­pose ses drones, et la Chine reste un investisseur majeur dans les infrastructures.
Face à cette offensive diplomatique, Paris contre-attaque avec son meilleur atout : la géographie. A 900 km de Madagascar, les Forces armées dans la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI), basées à La Réunion et à Mayotte, sont la seule présence militaire permanente d’une puissance occidentale dans la zone.
“Je suis venue pour parler de la souveraineté de nos territoires”, a insisté Catherine Vautrin, hier à Ampahibe, à l’heure où la “souveraineté” est enjeu de premier place omniprésent pour le régime de la Refondation.
Accord de coopération sur le terrain

Mais derrière cette visite, les échangent portent sur du concret. D’abord, les deux pays ont signé un accord de coopération sur les drones, pour renforcer la surveillance des côtes malgaches. A ce sujet, une centaine de drones seront remis à Madagascar d’ici fin 2026 ou début 2027. Ensuite l’interopérabilité à travers la Mission Pégase où les deux armées s’entraînent ensemble à la lutte contre la piraterie ou les catastrophes naturels. Enfin, la sécurité dans le canal du Mozambi­que, zone très fréquentée par les navires et riche en gaz, a été aussi abordée car cette zone est aussi menacée par l’insécurité.
Côté malgache, « nous avons eu une réunion avec
l’état-major des trois armées au cours de laquelle, on a passé en revue la collaboration en cours en matière de sécurité avec la France et celle prévue, afin de mettre en place un partenariat solide permettant à l’armée de se tenir debout », a déclaré le Général Razafitombo, rappelant aussitôt que “chaque pays jouit d’une égalité souveraineté”.
Pour le régime de Ran­drianirina, qui prône le non-alignement et une ouverture tous azimuts, dans le but de diversifier ses partenaires, cette main-tendue de la France s’aligne avec la politique étrangère de Madagas­car, tout en affichant la position de neutralité de Mada­gascar face aux tensions et conflits mondiaux

N.A

Partager sur: