A chacun son calcul politique !

Quand le pouvoir change radicalement de mains et de visage, porté par le vent du soulèvement, bien avant la fin du mandat du président élu, la sphère politique s’emballe, s’agite et semble converger dans la même direction, vers un même objectif. Tout le monde, même les revenants, veut monter dans le train de la Refon­da­tion déjà sur les rails, mais encore loin d’atteindre sa vitesse de croisière.
C’est le cas depuis que Madagascar a entamé son processus de réforme en profondeur, conformément aux aspirations de la population, sous l’égide du régime de la Refondation. Il y a une volonté politique manifeste de contribuer au processus et d’être acteur du changement, au nom du principe d’inclusion et de participation.
Du coup, même des partisans de l’ancien régime, censés incarner l’opposition au sein de l’Assemblée nationale, estiment eux aussi qu’ils doivent avoir voix au chapitre. D’ailleurs, la majorité d’entre eux, dont des députés élus désormais à l’abri de la dissolution de leur institution, se laissent emporter par le courant : ils changent leur fusil d’épaule et se regroupent au sein d’une plateforme de transfuges politiques.
Et ils ne sont pas les seuls à déclarer leur soutien au régime en place et leur volonté d’adhérer au processus de Refondation. De vieux partis veulent également profiter du contexte pour renaître de leurs cendres. Semblables à des caméléons, ils sont souvent considérés comme des opportunistes, voire qualifiés d’arrivistes s’appropriant les idéaux de la Refondation.
A vrai dire, le processus de Refondation est perçu comme un tremplin politique et une fenêtre d’opportunité grande ouverte, à ne pas rater. Sans compter les nouveaux groupements et nou­velles associations politiques qui poussent comme des cham­pignons ces derniers temps pour se lancer en politique et se faire une place au cœur du pouvoir. Quoi qu’on en dise, et personne n’est dupe : à chacun son calcul politique !

J.R

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