Hier à Antsohihy, la célébration du 68ᵉ anniversaire de la proclamation de la Première République, le 14 octobre 1958, a revêtu une importance symbolique et historique pour le régime de la Refondation, qui a rendu un hommage vibrant à Philibert Tsiranana, père fondateur et premier président de la République malgache.
Le choix d’Antsohihy comme ville hôte de cette commémoration n’a rien d’anodin. C’est la région natale de Philibert Tsiranana, où ses ambitions politiques ont germé et où sa mémoire reste encore très présente. Pour le régime de la Refondation, il est apparu essentiel de lui rendre hommage dans son fief natal.
Dans son discours, le colonel Michaël Randrianirina a affirmé sa volonté de poursuivre le combat pour la souveraineté nationale mené par Philibert Tsiranana. Pour le président de la Refondation, l’indépendance acquise en 1960 demeure encore inachevée.
«Aujourd’hui est un grand jour. Le 14 octobre 1958, il y a 68 ans», a déclaré le chef de l’État devant les personnalités et la population réunies à l’aéroport d’Antsohihy.
Il a particulièrement insisté sur le devoir de reconnaissance envers les anciens dirigeants du pays.
«Nous lui rendons hommage parce que cela fait partie de nos traditions malgaches : nous savons respecter nos aînés», a-t-il souligné, en évoquant la mémoire de Philibert Tsiranana.
Premier président de la République malgache, proclamée le 14 octobre 1958 dans le cadre de la Communauté française, Philibert Tsiranana a ensuite conduit le pays à l’indépendance, le 26 juin 1960. Pour le colonel Randrianirina, cet héritage mérite d’être reconnu et valorisé. «Souvenez-vous qu’il a déployé beaucoup d’efforts pour permettre à notre pays d’accéder à l’indépendance»,
a-t-il rappelé.
Le président de la Refondation a profité de cette commémoration pour dresser un constat sévère sur la souveraineté nationale, plus de six décennies après l’indépendance. «Malheureusement, de nombreuses choses se sont produites. Jusqu’à aujourd’hui, notre indépendance n’est pas une réalité. Madagascar n’est pas indépendant», a-t-il affirmé.
Changement politique et continuité historique
L’hommage au premier président de Madagascar prend ainsi une dimension particulière dans le contexte de la Refondation. Alors que le nouveau régime revendique une rupture avec les pratiques politiques du passé, son chef choisit de se référer à l’une des principales figures de l’histoire républicaine malgache.
Cette démarche traduit une volonté de concilier changement politique et continuité historique. À travers son discours, Michaël Randrianirina ne présente pas la Refondation comme une rupture avec l’ensemble de l’héritage institutionnel du pays, mais comme la poursuite d’un combat engagé par les générations précédentes.
«Les efforts qu’il a accomplis, nous nous efforcerons de les poursuivre sans relâche, afin que le peuple malgache puisse accéder à une indépendance totale», a-t-il promis.
En présence d’une délégation tchadienne conduite par le président de l’Assemblée nationale du Tchad, Ali Kolotou Tchaïmi, représentant le président Mahamat Idriss Déby, la cérémonie organisée à l’aéroport d’Antsohihy a également été marquée par un grand défilé réunissant 676 éléments des Forces de défense et de sécurité. Des représentants des 24 régions, des associations et des représentants de la Gen Z, mouvement ayant joué un rôle dans les événements politiques de 2025, y ont également participé.
Rakoto





