Trois des quatre écorégions récifales de Madagascar sont menacées de disparition, selon une nouvelle évaluation de la Liste rouge des écosystèmes (RLE) de l’UICN, publiée en 2026 et portant sur l’ensemble des récifs coralliens de l’océan Indien occidental. Les résultats ont été rapportés par la Library of Fishery and Marine Science Institute ainsi que par l’Institut halieutique et des sciences marines (IH.SM) de Toliara.
« Elles sont classées en danger critique d’effondrement si l’on tient compte des risques climatiques », précise l’évaluation. La principale menace réside dans les vagues de chaleur marine, de plus en plus fréquentes et intenses. Celles-ci provoquent le blanchissement et la mortalité des coraux, tout en réduisant le temps dont disposent les récifs pour se rétablir entre deux perturbations.
Madagascar est ainsi confrontée à un défi immédiat de conservation et à une menace climatique à long terme. Les écorégions concernées se situent dans le nord, l’est et le sud de la Grande Île.
Cette évaluation couvre environ 8 000 km² de récifs coralliens répartis dans 13 écorégions de l’océan Indien occidental. Elle combine l’analyse des changements écologiques observés et les projections climatiques futures.
Recommandations
Face à ces menaces, plusieurs mesures sont préconisées pour Madagascar. Il s’agit d’abord d’intégrer le risque d’effondrement des écosystèmes dans la planification de la conservation marine. Parallèlement, le renforcement de la gestion des pêches et la réduction des pressions environnementales locales sont nécessaires pour améliorer la résilience des récifs coralliens.
L’évaluation recommande également la mise en place d’un système coordonné de surveillance des récifs, reposant sur des méthodes scientifiques normalisées et des données écologiques accessibles. En outre, les actions de protection et de restauration devraient être priorisées en fonction de l’état écologique des récifs et de leur potentiel de récupération.
Enfin, la résilience des récifs coralliens devrait être prise en compte dans les stratégies nationales d’adaptation au changement climatique et de développement côtier, notamment pour préserver les moyens de subsistance des communautés qui dépendent des ressources marines.
Recueillis par Sera R.





