À la Bibliothèque municipale d’Analakely, les 24 et 25 octobre, le Championnat de Madagascar féminin 2026 a livré son verdict après six rondes intenses. Dans un climat de concentration absolue, entre les rayons de livres et le tic-tac des pendules, Aina Mahasambatra Tsinjoviniavo a gravé son nom dans l’histoire des échecs malgaches en décrochant son premier sacre national.
Classée deuixème au départ avec un Elo Fide de 1771, la joueuse de l’IKM a dominé le plateau avec une maîtrise avec cinq victoires et une nulle pour un score final de 5,5 points. Une performance Elo calculée à 1982 confirmant qu’elle a joué bien au-dessus de son classement. Derrière elle, Kiara Sarobidy Rakotoninaly (IKM) et Soatiana Candy Koera (MCG) se partagent la deuxième place avec 4,5 points chacune, tandis qu’un trio composé d’Iry Misantatsoa Andrianiaina, Nivo Hasina Tsinjoviniavo et Ny Thyana Aicha Ranaivomanana termine à 4 points.
Le parcours de la nouvelle championne ressemble à une démonstration de force. Dès la première ronde, avec les Noirs sur l’échiquier 2, elle bat Mamihaja Jessy Randriamazava. En deuxième ronde, toujours avec les pièces noires, elle s’impose face à sa consœur de club Nivo Hasina Tsinjoviniavo. Puis vient le choc de la troisième ronde : avec les Blancs, elle affronte Diary Vetsovetson Anjomara Ramorasata, la mieux classée du tournoi (Elo 1848). Tsinjoviniavo ne tremble pas et l’emporte, un succès qui sonne comme un coup de tonnerre dans la salle.
Les rondes suivantes confirment son autorité. Quatrième ronde : victoire face à Iry Misantatsoa Andrianiaina. Cinquième : elle bat Soatiana Candy Koera. Enfin, en sixième et dernière ronde, toujours avec les Blancs, elle concède une nulle stratégique contre Kiara Sarobidy Rakotoninaly, suffisante pour sceller le titre.
Sur l’échiquier, Tsinjoviniavo a su alterner les phases de combat ouvert et les manœuvres plus positionnelles. Elle a exploité les faiblesses structurelles, forcé les erreurs en milieu de partie et conclu avec précision. Dans le jargon des aficionados, on parlerait d’une « performance de fer », d’une joueuse qui a su « tenir la position » quand il le fallait et « pousser les pions » au bon moment. À Madagascar, on dira simplement qu’elle a joué « tsara be », avec cette lucidité qui transforme un tournoi en sacre.
Ce premier titre national d’Aina Mahasambatra Tsinjoviniavo marque une étape. À 1771 Elo et une performance qui frôle les 2000, elle s’impose comme la référence actuelle du jeu féminin sur la Grande île. Le public d’Analakely, les dirigeants et les passionnés repartent avec l’image d’une championne qui a conquis sa couronne non pas par hasard, mais grâce ç un travail de fond et une solidité mentale rare.
Naisa





