Le réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA) a traversé une semaine noire. Les coupures de courant se multiplient et durent des heures. Le président de la Refondation, Michaël Randrianirina a haussé le ton ce week-end à Ihosy.
A l’origine de cette situation, d’après la Jirama : les travaux sur les réseaux, l’insuffisance des pluies, les pannes techniques et le manque de production. Dimanche 25 octobre, un transformateur a explosé à la sous-station Tana-Sud. Dans la foulée, une tête de câble a pris feu à la sous-station Tana-Ouest. Résultat. Du coup, de nombreux quartiers situés dans l’Ouest et le Sud de la capitale, se retrouvent sans électricité. La veille, la compagnie a pourtant prévenu ses clients.
« Le mauvais temps perturbe le réseau de distribution, d’où des coupures fréquentes et prolongées par endroits », a-t-elle indiqué samedi.
Le problème ne date pas d’hier. Vendredi 23 octobre, les machines TAC 1 et TAC 3 d’Ambohimanambola sont tombées en panne. Et cela a réduit la production disponible. Dès jeudi, il manquait déjà 25 MW, en raison de la défaillance du TAC 1 et de la baisse du niveau du barrage d’Andekaleka.
Un déficit chronique
Le 21 octobre, le niveau du barrage avait déjà chuté après plusieurs jours de retenue d’eau. Le déficit atteignait alors 12 MW. La Jirama a donc imposé des délestages tournants aux heures de pointe, avec des coupures de deux heures, voire plus. Par ailleurs, son site officiel et son agence en ligne sont restés hors service jusqu’à samedi.
Face à cette situation, le colonel Michaël Randrianrina, président de la Refondation de la République, a haussé le ton le week-end, en marge de sa visite à Ihosy.
« L’État achète des groupes électrogènes, mais tout ce que nous envoyons est détruit », a-t-il déclaré, avant de reconnaître l’impasse.
« Si nous envisageons de confier la Jirama à des étrangers, nous essuyons des critiques de toutes parts. Si nous en laissons la gestion aux Malgaches, nous ne parvenons pas à résoudre le problème. Alors que l’État continue de subventionner la Jirama ».
Les chiffres appuient ce constat. Entre 2023 et 2026, les subventions et transferts publics à la Jirama atteignent près de 1.000 milliards d’ariary. Pourtant, la société vend son électricité à perte et le réseau reste fragile. Une seule panne suffit à plonger des quartiers entiers dans le noir. La communication pose aussi problème, car les usagers ne savent plus si la coupure vient d’un délestage ou d’une panne. Désormais, les Malgaches attendent des réponses claires et un calendrier de rétablissement.
Arh.





