La police nationale a clôturé ses assises, hier au Mining Business Center à Mamory Ivato. Une occasion pour le ministre de la Sécurité publique, l’Inspecteur général de Police Erick Michel, de remettre au président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina la feuille de route qui tourne autour de la lutte contre la corruption.
«Si tu prends 5.000 ariary à un citoyen dans la rue, tu ne voles pas ce citoyen. Tu voles l’uniforme de tes 12.000 collègues policiers. Tu voles les 65 ans de ceux qui sont morts pour cet uniforme. Et celui qui vole l’uniforme n’a plus sa place dans cet uniforme ». Tel a été le message du Directeur général de la police nationale (DGPN), le commissaire divisionnaire Jean Victor Tsaramonina, à l’endroit des policiers.
Selon ses dires, les commissariats et les policiers ne devraient plus faire peur aux citoyens. « Notre légitimité ne vient plus de notre force. Elle vient de la légalité de nos actes et de la confiance des citoyens », a-t-il indiqué. Pour lui, la proximité ne se limite pas à la présence d’un uniforme dans l’espace public. Elle signifie l’écoute, la disponibilité, l’accueil, le respect et la capacité à répondre concrètement aux préoccupations des citoyens. Mais, la lutte contre la corruption ne se limite pas à la sanction. Elle exige également l’amélioration des conditions de travail, la clarification des procédures, la protection des lanceurs d’alerte et la responsabilisation de chaque agent.
Parmi les menaces auxquelles doit faire face la police, nécessitant la modernisation de ses moyens, la cybercriminalité et les fraudes mobiles, ainsi que la criminalité transnationale organisée dont les trafics de drogues, d’armes, de ressources naturelles, ainsi que de vols de bétail, d’organes. A cela s’ajoutent la radicalisation par les réseaux sociaux, les menaces hybrides et la désinformation, la violence urbaine structurée et les atteintes aux personnes vulnérables.
Evaluations périodiques
A rappeler que la police nationale malgache a vu le jour le 30 septembre 1961. Cette année marque ses 65 ans d’existence. Les assises organisées à travers les 23 régions ayant vu la participation de plus de 3.500 acteurs dont 2.629 dans les régions autres qu’Analamanga, visaient à concevoir son nouveau format pour les dix prochaines années. La feuille de route, un livret épais de 2.235 pages, conient 611 recommandations. Des évaluations périodiques des avancées auront lieu jusqu’en 2036.
L’idée fondamentale ressortie de ces assises organisées depuis le 2 mars est qu’à l’horizon 2036, « la Police nationale malgache sera une police républicaine doctrinée et territoriale, de droit, méritocratique, compétente, dotée et traçable, informée et cyber sûre, proche et solidaire, anticipatrice et en réseau, dont la légitimité découle de la légalité de ses actes, de la capacité de ses systèmes, de la compétence de son personnel et de la confiance des citoyens ».
LR





