Près de 1.000 milliards d’ariary, c’et le montant des subventions et transferts publics accordés par l’Etat à la Jirama entre 2023 et 2026. Quand les délestages et les coupures d’électricité sont toujours fréquents comme actuellement, il est tout à fait normal qu’on se demande où est passé tout cet argent ?
Bien sûr, on sait trop bien que l’achat de carburants pour faire tourner les machines coûte cher, qu’on
a procédé à l’acquisition de nouveaux groupes, qu’il a fallu réhabiliter une grande partie du réseau de transport d’électricité, … . Mais cela ne peut pas tout expliquer. C’est quand même une somme colossale qui a été investie.
Or, quand on s’engage à faire une comparaison, on peut dire qu’il n’y a pas de changement sensible de la situation actuelle par rapport à celle d’avant. A la première goutte de pluie, au moindre souffle de vent, … , les machines tombent en panne et les usagers sont plongés dans le noir. Pourtant, on sait que la Jirama a fait de nouvelles acquisitions pour améliorer sa production.
Autrement dit, tout le matériel nouvellement acquis n’est pas efficace. Et pourquoi ? Est-ce dû à un mauvais choix du matériel acheté ? Le cas échéant, il faut en savoir les raisons. Cela peut s’expliquer par l’incompétence de celui qui a fait le choix suite à une erreur de casting de la personne chargée des achats.
Comme dans beaucoup d’entreprises publiques, cette personne aurait pu être affectée
là par népotisme, copinage, … , sans la compétence requise. Pour cette raison, on doit se satisfaire de matériels dont la qualité peut être mise en doute. Et ce n’est pas étonnant si, à chaque fois, on doit faire face à de nombreuses pannes.
De même, il faut citer les nombreux cas de détournements au sein de la Jirama qui ont été maintes fois dénoncés. Dans un passé récent, les anciens dirigeants de l’entreprise se sont même permis de distribuer des primes mirobolantes à certains cadres alors que l’entreprise, elle-même, était en difficulté.
Pourtant, tout au début, avec le régime en place, tout le monde espérait que la société allait enfin pouvoir mener ses prestations convenablement. Mais on s’est vite déchanté car on est presque revenu à la situation d’avant. Et pour expliquer cette défaillance, on avance les mêmes arguments (étiage, …).
En fin de compte, on a l’impression que c’était de l’argent jeté par les fenêtres quand on constate la situation dans laquelle la Jirama se trouve aujourd’hui. Et l’entreprise est loin de s’en sortir. Quoi qu’il en soit, avec les routes, la Jirama est devenue un autre tonneau des Danaïdes.
Ranaivo Lala Honoré





