Vololomalala Elinirina Razafimahatratra, une enseignante du CEG Andoharanofotsy qui a derrière elle 20 ans de carrière, a accepté de livrer son avis au sujet du manque de continuité dans la mise en application d’une méthode pédagogique. « Une des sources de fluctuations dans le système éducatif », s’est-elle exprimée. Interview.
* Les Nouvelles : Combien d’approches pédagogiques avez-vous adoptées durant ces 20 ans de carrière ?
– Vololomalala Elinirina Razafimahatratra : Il y en a plusieurs, mais je citerai, entre autres, la démarche traditionnelle appliquant la méthode magistrale, la pédagogie par objectifs ou PPO, l’approche par compétence ou APC, l’approche par situation ou APS, la démarche par investigation PSE qui vise à transformer l’enseignement en basculant d’une pédagogie transmissive traditionnelle vers une pédagogie active centrée sur l’apprenant et dernièrement l’approche «Design for change» ou DFC.
* Que pensez-vous de toutes ces approches ?
– A chaque fois qu’on change de dirigeant, on apporte toujours une nouvelle orientation inédite de l’éducation. Cependant, le manque de continuité dans la mise en application de ces politiques de l’éducation, les difficultés économiques et la pénurie de ressources figurent parmi les facteurs susceptibles d’expliquer les fluctuations observées au sein du système éducatif. L’éducation devrait ainsi constituer un patrimoine national partagé et une entreprise de longue haleine, plutôt qu’un projet propre et prioritaire que chaque gouvernant devrait imposer.
* Si on revenait aux méthodes, laquelle vous a persuadée ?
– La méthode «Design for change» ou DFC qui souligne l’importance de la participation de l’apprenant. Elle combine à la fois la méthode APS et la démarche par investigation PSE. C’est-à-dire, le savoir émane de l’élève, tandis que l’enseignant n’agit que comme un guide et un facilitateur qui permet de consolider les acquis.
Le véritable avantage est que vous n’êtes pas un enseignant sévère ou irritable mais au contraire, vous et tous vos élèves, sont en mesure de communiquer et d’interagir efficacement et ainsi de partager des connaissances.
* Pouvez- vous apporter des éclaircissements sur cette approche DFC ?
– Elle se réalise à travers 4 étapes. La première est l’identification par les élèves d’un problème concret qui les touche au sein de leur environnement ou de leur communauté. Ils imaginent ensuite des solutions en faisant appel à leur créativité et à leur esprit critique, constituant ainsi la deuxième étape. Agir à travers la mise en œuvre de la solution adoptée est la troisième étape. Quant à la quatrième, les élèves présentent et partagent leur réalisation ainsi que leur bilan d’apprentissage afin d’inspirer d’autres personnes à agir à leur tour.
Propos recueillis par Sera R.





