Motocyclisme à Madagascar: une saison 2024 réussie et des ambitions plein gaz pour 2025

Samedi dernier, au Pavé à Antaninarenina, la fédération malgache de motocyclisme (FMAM) a célébré les meilleurs pilotes de la saison 2024, lors d’une cérémonie de remise de trophées. A cette occasion, la présidente de la fédération, Clotilde Ranaivoson, a dressé un bilan enthousiaste de l’année écoulée tout en dévoilant des projets ambitieux pour 2025. Entre succès retentissants et défis persistants, le motocyclisme malgache trace sa voie à vive allure.

Une saison 2024 sur les chapeaux de roues ! «L’année 2024 s’est très bien passée», a déclaré Clotilde Ranaivoson avec un sourire satisfait. Comme sur un circuit, il y a des «belles pistes» et «pistes plus glissantes».
Parmi les moments forts, Madagascar s’est illustré sur la scène continentale en décrochant le titre de champion d’Afrique par équipes en MX 125cc lors du Motocross of African Nations (MXoAN) ainsi que la place de vice-champion en catégorie MX2. «Ce sont des réussites dont nous sommes fiers», a-t-elle souligné.
Au niveau national, la saison s’est déroulée sans accroc majeur : aucune course annulée, pas de grands blessés. «C’était une belle saison», a résumé la présidente, saluant la résilience des pilotes et des organisateurs.
Malgré ces exploits, des défis subsistent. Le manque d’infrastructures adaptées a notamment plombé le développement du «on-road», qui n’a vu aucune course organisée en 2024. «C’est un frein majeur», a reconnu Clotilde Ranaivoson. A cela s’ajoutent des lacunes dans la gestion des compétitions, un point que la FMAM s’engage à améliorer. «On y travaille, pas à pas», a-t-elle assuré.

Cap sur la modernisation et l’ouverture
Pour l’année à venir, la fédération voit grand. Première priorité : moderniser sa gestion. Un site web flambant neuf permettra bientôt aux pilotes de demander et recevoir leur licence en ligne, sans passer par les démarches administra­tives traditionnelles. «C’est un outil pour encourager les vocations, même dans les zones reculées», a expliqué la présidente.
Sur le plan sportif, l’objectif est clair : briller à l’international. Après ses succès en Afrique, Madagascar vise encore le podium lors du prochain Motocross of African Nations (MXoAN) au Kenya et rêve d’un ticket pour le championnat du monde en France, en juillet 2025. Un pilote de la catégorie élite 2 portera les espoirs malgaches.
Pour pérenniser ses ambitions, la FMAM mise sur la formation. Deux femmes, Fiona Morin et Lara Samson, originaires d’Antsirabe, ont été envoyées à la FIM Academy à Genève. Sélectionnées parmi seulement 20 candidats mondiaux dont cinq Africains, elles représentent une fierté nationale. Leur mission : Revenir avec des projets concrets, dont la création d’une FIM Academy locale pour initier les jeunes au motocyclisme. «Vulgariser ce sport auprès des nouvelles générations, c’est notre défi», a martelé Clotilde Ranaivoson.
Abriter une compétition internationale reste «le rêve de tout pays», selon la présidente. Un tel événement doperait le tourisme et renforcerait la cohésion des équipes malgaches. Pour y parvenir, la FMAM planche sur l’acquisition d’un terrain et d’infrastructures dédiées, un investissement crucial soutenu par les deux stagiaires de la FIM Academy.

Vulgarisation
Malgré ses succès, le motocyclisme malgache souffre d’un vivier limité. «Les élites partent étudier à l’étranger, et les effectifs s’en ressentent», a déploré Clotilde Ranaivoson. Pour inverser la tendance, la fédération veut recruter dès le plus jeune âge et sensibiliser le public à pratiquer ce sport jugé «dangereux» par certains parents. «L’école que nous voulons créer est une réponse à cela», a-t-elle insisté.
Mais sans les appuis nécessaires, la mission de la fédération est délicate. A cet effet, la présidente a lancé un appel vibrant aux entreprises et institutions. «Nous avons besoin de sponsors pour aller plus loin», a-t-elle plaidé, annonçant la préparation d’un document pour sceller des partenariats «gagnant-gagnant». Un cri du cœur adressé à ceux qui souhaitent investir dans la performance et la jeunesse malgache.

Naisa

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