Inégalités de financement politique : les femmes désavantagées selon Transparency International I-M

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Transparency International Initiative Madagascar (TI-IM) a évoqué les difficultés rencontrées par les femmes dans le paysage politique malgache. Malgré l’année électorale 2024, les efforts pour atteindre la parité sont encore loin d’être suffisants.

Les statistiques de TI-IM révèlent un déséquilibre. Lors des dernières élections législatives, seulement 16 % des élus étaient des femmes, et elles ont dû dépenser trois fois plus que leurs homologues masculins pour se faire élire, comme l’indique l’ONG. Lors des communales et municipales, les femmes n’ont représenté que 5 % des maires, bien qu’elles aient dépensé 22 % de plus que les hommes, a-t-elle renchéri. Face à ces inégalités, TI-IM a formulé plusieurs recommandations à l’attention des gouvernements, des partis politiques et des organisations de la société civile. L’ONG insiste sur la nécessité d’appliquer des réglementations sensibles au genre en matière de financement public, celles de veiller à ce que les incitations financières favorisent une participation significative des femmes, et de renforcer les mécanismes de supervision en dotant les organismes de régulation des ressources et de l’autorité né­cessaires pour surveiller et appliquer les réformes du financement politique sen­sibles au genre.

TI-IM appelle également à promouvoir le renforcement des capacités des candidates par le biais de programmes de formation, de réseaux de mentorat et d’initiatives d’éducation financière pour autonomiser les femmes en politique. L’ONG encourage également les donateurs privés et internationaux à prioriser l’égalité des genres en soutenant les initiatives et campagnes po­litiques menées par des femmes. TI-IM a précisé que «Sans égalité d’accès aux financements, les femmes en politique sont désavantagées». Elle a rappelé que combler les disparités de genre dans le financement politique est essentiel pour garantir une représentation politique équitable. L’ONG
a ajouté que «la mise en pla­ce de mesures financières ciblées, l’augmentation de la trans­parence grâce à des données ventilées par genre et l’application des engagements in­ternationaux contribueront à créer un paysage politique plus inclusif et démocratique». Reste à sa­voir quelle sera la situation lors des prochaines élections sénatoriales prévues cette année.
Un effort notable a été toutefois observé au sein du gouvernement lors du remaniement ministériel d’août 2024, avec la nomination de 12 femmes sur 27 ministres, dont deux à des postes régaliens. «Nous sommes déterminés à renforcer l’accès des femmes malgaches aux postes de responsabilité», a déclaré Andry Rajoelina lors de la nomination au Palais d’Etat d’Iavoloha.

F.M

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