Une cérémonie d’hommage au soulèvement populaire du 13 mai 1972, non institutionnelle, mais censée se dérouler dans le calme, sans aucun trouble à l’ordre public, ni des incidents notables, a pris une autre tournure choquante, continuant de défrayer la chronique et d’alimenter les débats publics sur les réseaux sociaux. Les vieux de la vieille, réunis au sein du mouvement 72, venus déposer des gerbes sur la place du 13 mai, n’ont pas pu y accéder.
Dès l’aube, les Forces de l’ordre ont quadrillé la place du 13 mai, non pas pour sécuriser et coordonner le déroulement des cérémonies y afférentes, en cas de débordement, mais les en empêcher à tout prix. Et malgré l’instance fougueuse des anciens militants de mai 72 qui ont tenté d’y pénétrer de force, les Forces de l’ordre ont campé sur leur position. Une petite bousculade s’est même déclenchée, suscitant une vague de réaction et d’indignation.
Traiter de la sorte les aînés, témoins vivants de l’histoire, alors qu’ils sont juste venus pour commémorer et y déposer des gerbes, est un déshonneur pour eux. Et, il n’y a pas de quoi être fier de cette action peu méritoire qui dépasse l’entendement. Ce n’est pas très catholique dit-on et c’est la honte même, selon l’ancien député Rossy sur sa page facebook. Ces anciens militants constituent-ils vraiment une menace pour la sécurité et l’ordre public ?
Faut-il vraiment en arriver là, quitte à déclencher un scandale qui n’aurait pas dû arriver, mais qui fait désormais grand bruit dans le pays ? A vrai dire et il faut le reconnaître, les interdire ne fait qu’envenimer la situation, comme les esprits frondeurs les aiment. Du coup, ces anciens militants sont montés sur leurs grands chevaux et ont refusé de se taire malgré leur âge. Mais les ordres sont les ordres. Les vieux de la vieille n’ont pas voix au chapitre, même avec des gerbes à la main.
J.R.




