A la suite des analyses et expertises effectuées, les autorités ont confirmé l’empoisonnement mortel de 20 personnes à l’occasion d’une soirée d’anniversaire à Ambohimalaza dans la nuit de samedi à dimanche. Cinq personnes font maintenant l’objet d’une enquête.
L’investigation avance à grands pas. Cinq jours après les faits, la cause de la mort de 20 personnes, a été révélée. Ils étaient victimes d’empoisonnement alimentaire, mais non pas d’une Toxi-infection alimentaire collective (Tiac), comme c’était également le cas à Mahajanga et Toamasina, tout récemment.
«Les analyses ont permis de prouver que le donut a été la nourriture empoisonnée, même si le type de poison utilisé, reste à déterminer», a expliqué le ministre de la Santé publique, le professeur Zely Arivelo Randriamanantany hier, au Centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona (CHU JRA). C’était un acte volontaire et prémédité, rien à voir avec le manquement aux règles d’hygiène dans cet espace de réception.
Et à ce sujet, «Cinq personnes font actuellement l’objet d’une enquête serrée au sein de la cellule de crise installée au Toby Ratsimandrava, sous l’égide de la gendarmerie et de la police», a expliqué, le général Andry Rakotondrazaka, ministre délégué chargé de la Gendarmerie nationale. Il n’a pas écarté la thèse d’un conflit de voisinage ou familial comme motif de ce crime. Pour autant, tenu par le secret de l’enquête, il n’a pas divulgué les profils des suspects arrêtés.
Les autorités se veulent intransigeantes et travaillent d’arrache-pied pour élucider cette affaire rapidement, selon les consignes du président de la République, Andry Rajoelina. La procureure de la République près le tribunal de première instance d’Antananarivo, Narindra Navalona Rakotoniaina a alors précisé qu’après l’enquête au niveau de la cellule mixte, quand le dossier sera déféré au parquet, «les individus impliqués ne bénéficieront pas de liberté provisoire. Nous allons rejeter en bloc toute demande allant dans ce sens», a-t-elle signifié.
Halte aux fausses informations
Pour sa part, la ministre de la Culture et de la communication, Donna Mara Volamiranty, porte-parole du gouvernement, a appelé à la collaboration de tous. «Tous ceux qui disposent de renseignements permettant de faire avancer cette affaire, sont priés d’entrer en contact avec la cellule de crise», a-t-elle exhorté, tout en invitant tout un chacun à ne pas diffuser de fausses informations.
Les responsables ont tenu à préciser que ce cas d’Ambohimalaza est différent de ceux de Toamasina et Mahajanga. Les six personnes hospitalisées dans la nuit d’avant-hier à Toamasina, ont mangé du godrogodro au chocolat malpropre dans l’après-midi. Leur pronostic vital n’est plus engagé. Il en est de même pour les sept membres d’une famille à Mahajanga dont trois ont perdu la vie. Ils ont consommé des charcuteries lors de la fête des pères.
Dans tous les cas, «Toutes les victimes ont droit au même traitement», a-t-on précisé. Un fonds d’urgence étant mis à la disposition des hôpitaux publics, les traitements seront gratuits pour les patients souffrant de l’empoisonnement dans la capitale et de la Tiac dans les deux autres régions.
LR
Statistiques du 18 juin à 18h
Nombre de morts : 20 dont 17 au CHU JRA, contre 17 la veille
Nombre de patients pris en charge au CHU JRA depuis dimanche : 51
Nombre de patients en cours de traitement : 27
Cas critique : 17
Cas non critique : 10
Patients rétablis : 7




