Marché du ciment: Alpha Ciment mise sur la production locale pour faire baisser les prix

A Madagascar, “Réduire les prix du ciment, est tout à fait possible”, affirme Vincent Blanchet, directeur général d’Alpha Ciment. L’entreprise, qui détient près de 45 % du marché, croit fermement en la capacité de production locale pour faire baisser le prix.

L’usine d’Ibity, fondée en 1985, a triplé sa capacité en 40 ans. Une nouvelle ligne de production avait été annoncée en 2022, mais le projet a été freiné par le rachat d’Alpha Ciment – ex-Cementis – en 2023. Malgré cela, l’entreprise continue à investir.
En 2024, la consommation nationale de ciment s’élève à 1,2 million de tonnes. Alpha Ciment produit environ 550.000 tonnes par an. Son usine d’Ibity, près d’Antsirabe, est la seule cimenterie intégrée du pays, capable de transformer la roche en clinker puis en ciment.
Et sa capacité théorique est de 180.000 tonnes, mais les aléas techniques et énergétiques la limitent plutôt à 150.000 tonnes. Les deux autres unités, à Toamasina et Tanjombato (Antana­na­rivo), sont des usines de mélange qui complètent la production : 300.000 tonnes pour Toamasina et 100.000 tonnes pour Tanjombato.

Les enjeux de la production locale
Selon Vincent Blanchet, la production locale est la clé pour faire baisser les prix. Le ciment importé coûte aujourd’hui environ 70 dollars la tonne hors taxes et transport. Or, Madagascar est un vaste pays, et l’acheminement jusqu’aux zones de consommation est fortement influencé par le prix du carburant, en hausse constante depuis 2022.
La production locale est également confrontée à des coûts élevés, notamment le charbon, principal poste de dépense, qui représente 40 à 50 % du coût de fabrication. Pour réduire ces charges, Alpha Ciment envisage des solutions technologiques plus économes en énergie et une augmentation des volumes produits.
Le prix actuel du sac de 50 kg est d’environ 40.000 ariary. “Il pourrait baisser à l’avenir, mais pas immédiatement”, prévient Vincent Blanchet. “Construire une nouvelle usine prend du temps, entre deux et trois ans.” Il ajoute que “il n’y aurait aucun sens à investir massivement si nous n’étions pas convaincus d’obtenir un avantage concurrentiel.”

Arh.

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