Juin. Mois de la fête de l’Indépendance à Madagascar. L’occasion de parler d’un autre type d’indépendance : celui que cherche à offrir Tatiana Raharinirina aux jeunes Malgaches. La vingtaine, elle est à la tête d’Atara, une école de mannequinat qu’elle a fondée en 2023. Son objectif : permettre aux jeunes de gagner leur vie grâce à leurs talents, tout en poursuivant leurs études.
L’histoire commence en 2017, juste après le baccalauréat. Tatiana cherche des petits boulots. Elle voulait subvenir à ses besoins, sans peser davantage sur sa mère qui assurait déjà les frais de scolarité. C’est ainsi qu’elle est entrée dans le monde du mannequinat.
Au début, c’était juste une solution. Mais avec le temps, elle a appris à aimer cette activité. “Il faut aimer ce que l’on fait et vouloir s’y investir”, dit-elle aujourd’hui.
Elle poursuit en parallèle des études en droit international à l’Université d’Ankatso, puis une année en business. C’est cher. Pas toujours facile. Mais elle s’accroche.
Au fil de son parcours, elle relève ce qui ne va pas. Les agences trop floues. Les jeunes mal informés. Les dérives. Alors, elle décide de faire les choses autrement.
En 2023, elle crée Atara. Une école où tout est clair. Les contrats. Les engagements. Le cadre. Elle veut construire un espace professionnel où les jeunes peuvent se former sans se méfier.
“Beaucoup de parents restent encore sur leurs gardes. C’est normal. Mais nous, on veut casser cette image floue. Tout est transparent chez nous.”
Atara, c’est une école, mais pas seulement. Il y a aussi une branche dédiée à la danse, une boutique, une ligne de produits de beauté, et des services dans l’événementiel.
Tatiana veut créer de la valeur à Madagascar et elle le fait avec une petite équipe, mais surtout dans une grande autonomie. Elle gère elle-même la communication, les contrats, l’organisation interne.
Les formateurs sont des professionnels avec des années d’expérience. Les élèves, eux, sont accompagnés du début à la fin. Certains ont déjà décroché leurs premiers contrats. D’autres se lancent dans leurs propres projets.
Récemment, les élèves d’Atara ont participé à un défilé lors du Festival des Initiatives Vertes à l’AFT Andavamamba, mettant en avant leur savoir-faire et l’engagement de l’école dans des événements locaux.
Face à la concurrence, elle ne cherche pas à s’imposer à tout prix. “Bien sûr que la concurrence existe. Je n’empêche personne d’aller tester ailleurs. Mais moi, ce sont mes huit années d’expériences que je partage. Et je suis la seule à savoir ce que j’ai vécu.”
Son ambition est claire. Madagascar d’abord. Ensuite l’Afrique. Et plus tard, l’international. Mais toujours en gardant son ancrage local.
Elle le dit souvent : avoir des diplômes, ça change tout. Ça donne une autre manière de gérer, de structurer, de bâtir.
Pour cette année, Tatiana prévoit d’organiser une “Atara Day”, une journée portes ouvertes dédiée aux partages, aux rencontres et à la découverte des différentes facettes de l’école.
Aujourd’hui, les inscriptions à Atara sont ouvertes. Sans âge limite, l’école est ouverte aux tout petits et aux plus grands. Avec ou sans expérience. Les cours sont pensés pour s’adapter aux emplois du temps de chacun.
Ce mois de juin résonne d’un autre écho pour elle. En fondant Atara, Tatiana défend une autre forme d’indépendance. Celle de la jeunesse. Celle qui passe par l’action, le savoir, et la confiance.
Aina Stephanie




