L’endettement public est un frein au développement du continent africain. Réunis à Antananarivo du 24 au 26 juin, lors du « Forum d’été 2025 » sur la stabilité financière et la dette publique, les dirigeants bancaires africains ont tiré la sonnette d’alarme.
Organisé par le Club des dirigeants de banques et établissements financiers d’Afrique, avec l’appui de la Banky foiben’i Madagasikara (BFM) et de l’Union interrégionale des Caisses d’épargne et de crédit agricole mutuels (Unicecam), cet événement met en évidence que « l’Afrique paie cher pour une dette qui compromet ses ambitions ».
En une décennie, la dette publique africaine a explosé, passant de 38,4 % du PIB en 2010 à 67,5 % en 2024. En parallèle, le service de la dette est passé de 61 à 163 milliards de dollars. Aujourd’hui, 25 pays sont en situation critique ou à haut risque. Et six d’entre eux, dont l’Egypte, le Nigeria et l’Angola, les intérêts absorbent plus de 25 % des recettes publiques.
« Ce poids grandissant asphyxie les budgets sociaux, ralentit les investissements privés et fragilise les banques, exposées aux risques souverains », a évoqué le Dr Ngueto Tiraina Yambaye, président du Club des dirigeants de banques et établissements financiers d’Afrique. C’est-à-dire que le modèle économique africain reste dépendant d’exportations à faible valeur ajoutée et de taux de change défavorables, tandis que la gouvernance de la dette, n’a guère évolué depuis les indépendances.
Sortir du piège de la dette
Face à cette impasse, les banques sont appelées à se mobiliser davantage. Elles disposent d’une marge d’action plus large que les Etats, pour financer des projets à forte valeur ajoutée. La mobilisation de ressources non usuraires, l’appui aux PME et le recours aux technologies financières, pourraient améliorer l’inclusion et réduire les coûts.
Les banques centrales, quant à elles, doivent adapter leurs outils pour stabiliser les économies. Des réformes structurelles, des partenariats public-privé et le développement des marchés de capitaux locaux, figurent parmi les pistes avancées.
Le Forum a aussi mis en avant le Mécanisme africain de stabilité financière, capable de proposer des refinancements abordables à grande échelle.
Pour Aivo Andrianarivelo, gouverneur de la BFM, « seule une réponse coordonnée entre institutions financières et autorités publiques, permettra de transformer la crise en levier de croissance ».
Arh.




