Corruption dans l’enseignement technique: 60% des victimes et 68% des témoins n’osent pas dénoncer

Transparency international – initiative Madagascar (TI-MG) a présenté hier l’indice de la corruption sexuelle dans le secteur de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle (ETFP), qui révèle l’étendue de ce fléau. Et les filles, victimes, sont rares à dénoncer leurs bourreaux.

Les enquêtes menées dans sept régions, ont identifié les opérations les plus vulnérables à la corruption sexuelle comme les admissions, les attributions de bourses et les formes de corruption, à l’exemple du trafic d’influence, les paiements informels, les notes injustes, le détournement de matériel… ainsi que les acteurs impliqués (formateurs, personnels administratifs, directions).
31% des filles interrogées estiment que la corruption est généralisée, particulièrement dans les lycées techniques. Et 2,7% des étudiants, dont 38% des femmes, rapportent des cas de corruption sexuelle. Malgré cela, près de 60% des victimes et 68% des témoins gardent le silence par peur de représailles ou par manque d’information, souligne TI-MG.

Une peine exemplaire

Dans ce contexte, le mandat de dépôt prononcé par le Pôle anti-corruption (Pac) de Mahajanga, à l’intention d’un enseignant ayant sollicité des faveurs sexuelles en échange de bonnes notes, est une avancée. Le tribunal a qualifié ces actes de « présents ou avantages quelconques » selon le Code pénal. TI-MG a salué cette décision courageuse et exemplaire.
Parmi les recommandations formulées, TI-MG insis­te sur le renforcement de la transparence dans les procédures d’admission, la mise en place de mécanismes sûrs pour dénoncer les pratiques corruptives, l’intégration de l’éthique dans les formations professionnelles ainsi que le développement de partenariats avec le secteur privé.
Par ailleurs, 94% des élèves au sein de Centres de formation professionnelle (CFP) et 83% en UT ont signalé des irrégularités dans l’attribution des bourses. Le baromètre met également en lumière un fort décalage entre la formation dispensée et les débouchés professionnels, aggravé par une faible coopération entre les établissements et le secteur privé.
Cette présentation s’inscrit dans le cadre du projet Maika, financé par l’Union européenne, permettant de renforcer l’insertion professionnelle des jeunes et la gouvernance dans un secteur clé.

F.M

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