SNLCC 2025 – 2030: les députés mis au parfum

Le système anti-corruption dans le pays (CSI, le Bianco, le Samifin, le Pac, l’Arai), a présenté hier à l’Assemblée nationale à Tsimbazaza, la nouvelle Stratégie nationale de lutte contre la corruption (SNLCC) pour l’année 2025-2030, adoptée en Conseil des ministres le 15 janvier, ainsi que le rapport des activités du système anti-corruption (Sac) pour l’année 2024.

L’élaboration de la SNLCC 2025-2030, pilotée par le Comité pour la sauvegarde de l’intégrité (CSI), a mobilisé près de mille participants à travers un processus inclusif et consultatif, avant son adoption en Conseil des ministres. A cette occasion, le président de la CSI, Jean Louis Andria­mifidy, n’a pas manqué de soulever les obstacles à la lutte contre la corruption et le rôle des parlementaires à cet égard. Il a lancé un appel aux députés à travailler ensemble pour mettre en œuvre cette nouvelle stratégie anti-corruption.

Il a notamment souligné l’urgence
d’adopter rapidement la loi sur l’éthique et la déontologie et l’importance de respecter l’obligation de déclaration de patrimoine. En effet, la situation actuelle révèle que seulement 85 des députés élus en 2024 sur 163 ont effectué leur déclaration de patrimoine.

Concernant les 15 dossiers transmis par la Haute Cour de justice à l’Assemblée nationale entre 2018 et 2023, relatifs à la mise en accusation des hautes fonctionnaires impliqués dans des affaires de détournement de fonds public, il a exhorté les députés à procéder au vote.

Rapport d’activités

Jean Louis Andriamifidy, président du Comité pour la Sauvegarde de l’Intégrité (CSI), a indiqué «l’élaboration de 12 mesures relatives à la lutte contre la Corruption au sein de l’administration, a marqué l’année 2024, au même titre que la création de trente-neuf nouvelles structures anti-corruption, portant à 184 le nombre total de structures opérationnelles dotées de programmes spécifiques».

Douze entreprises du secteur privé ont également bénéficié d’un accompagnement, pour instaurer un régime d’intégrité. En matière de transparence, 5.471 déclarations de patrimoine ont été enregistrées.

Sur le terrain, le Service de Renseigne­ment Financier (Samifin) a traité 206 déclarations d’opérations suspectes, pour un montant total de 1. 441 milliards d’ariary. Le Bu­reau indépendant anti-Corruption (Bianco) a, de son côté, instruit 598 doléances, aboutissant à la mise en détention de 174 personnes. Les juridictions du Pôle anti-corruption (Pac) ont prononcé 98 milliards d’ariary de confiscations et 1.142 milliards d’ariary d’amendes, tandis que l’Agence de recouvrement des avoirs illicites (Arai) a confisqué 489.633.055, 48 ariary, gelé 297.221.957, 70 ariary et saisi 38 propriétés immobilières et 54 véhicules.

Le député Hyacinthe Befeno Todima­na­na, élu dans le district d’Antsohihy, a décla­ré que la lutte contre la corruption ne se fait pas en un jour. Il a insisté à ce que l’esprit de lutte contre ce fléau doit être véhiculé dès la maternelle jusqu’au lycée même à l’Univer­sité. Un programme doit être mis en place par le ministère de l’Education natio­nale.

Le député d’Antsohihy a relevé que les institutions manquent de ressources. «Le bureau Bianco a été créé à Antsohihy, mais il n’est pas ouvert. Beaucoup de dossiers y ont été déposés, mais aucune enquête n’a été menée. Il ne fonctionne pas faute de ressources», selon toujours les explications.

Quant à la députée du 1er arrondissement d’Antananarivo, Hanitra Razafi­manan­tsoa, elle a indiqué que la corruption à Madagascar est institutionnalisée, mais c’est l’application de la loi qui compte. «De nombreuses lois ont été adoptées, mais elles requièrent de la volonté», souligne-t-elle.

N.A

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