On peut toujours rêver

Lors du conseil des ministres qui se déroule à Fianarantsoa, il a été annoncé que la ligne ferroviaire Fianaran­tsoa-Côte-Est (FCE), plus précisément Ma­nakara, allait être rénovée. Bien évidemment, cette annonce répond à l’attente de la population et des opérateurs économiques de la ré­gion.
La reprise de l’exploitation de cette ligne ferroviaire est vitale pour la population de la région dans la mesure où elle contribue au désenclavement. La ligne dessert 18 communes et améliore ainsi la circulation aussi bien des passagers que des marchandises.
Par ailleurs, cette reprise permettra à de nombreuses familles de se faire un peu d’argent dans les gares qui existent sur la ligne en vendant des victuailles aux passagers. Par le passé, sur la ligne TCE (ligne reliant Toamasina à Antananarivo), la gare de Périnet était célèbre pour la restauration.
De même, il ne faut pas oublier que l’existence de cette ligne contribue au développement du tou­risme. Le tracé de cette ligne de chemin de fer offre des paysages uni­ques bien prisés par les touristes étrangers. Autre­ment dit, en faisant revivre cette ligne ferroviaire, il n’y a rien à perdre mais tout à gagner.
Mais à vrai dire, c’est tout le transport ferroviaire dans son intégralité qu’il faut rénover compte tenu de la vétusté du ma­tériel (locomotives, wa­gons, rails…). Cela con­cerne non seulement la ligne FCE mais également la ligne TCE (Antanana­rivo-Toamasina) ainsi que la MLA (Moramanga – Lac Alaotra).
Nul n’est besoin de souligner que le transport ferroviaire est plus avantageux que le transport routier avec sa plus grande capacité en termes
de nombre de passagers pouvant être transporté ou bien de tonnage de marchandises. Et cela a des effets sur les frais de transport des passagers et des marchandises.
Avec une seule locomotive, on peut tirer plusieurs wagons-citernes ou de nombreux wagons de marchandises remplis de riz. Toutefois, le développement des deux moyens de transport est toujours nécessaire car leur complémentarité n’est plus à prouver.
A titre d’exemple, si le transport ferroviaire était fonctionnel à 100%, on n’aurait pas connu ce problème de logistique actuel concernant le trans­port de carburant de Toa­masina à Antananarivo et qui est à l’origine de la rare­té des carburants dans les différentes stations-services de la ca­pitale.
Beaucoup restent à faire en matière de trans­port ferroviaire dans le pays. Il importe avant tout de rénover les lignes qui existent déjà. Le Graal serait de voir un jour des lignes ferroviaires reliant Antsiranana à Toliara et Mahajanga à Toamasina. En attendant, on peut toujours se permettre de rêver.

Aimé Andrianina

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