Chaque année, depuis 2021, l’homme d’affaire Hasnaine Yavarhoussen, en collaboration avec l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), accorde une bourse à un jeune chercheur ou chercheuse en histoire de l’art, en début de parcours universitaire et dont son sujet de recherche portant sur le patrimoine malgache conservé dans un ou plusieurs musées en France, a sa touche d’originalité. Mais pour cette 5e édition, ils sont deux chercheurs à bénéficier de cette bourse. Une grande première pour l’INHA.
Parmi les 12 candidats en lice, dont des Malgaches, Français, Suisses et Turcs, deux sont sortis du lot, à savoir Saraely Hajaina Kenny, engagé dans des travaux de recherche
sur le «Kaiamba» : du label au patrimoine national et Quentin Clémence, grâce à sa recherche sur «L’architecture de la cité universitaire d’Antananarivo, regards spatiaux et patrimoniaux sur l’habitat de la révolution étudiante».
Normalement, l’un devrait-être déclaré vainqueur, mais les membres du jury ne sont pas arrivés à un verdict unanime, tellement les travaux de recherche de ces deux candidats les ont séduits.
Et «après avoir délibéré pendant deux heures, le jury composé de Bako Rasoarifetra, Pauline Monginot, Alexandre Girard-Muscagorry, Marion Boudon-Machuel et Hasnaine Yavarhoussen, a désigné deux lauréats ex æquo pour cette cinquième édition. Il s’agit d’un record depuis la création de la Bourse en 2021», confie-t-on.
Chacun d’eux recevra une bourse mensuelle de 1 000 euros ainsi qu’une bourse forfaitaire de 5 000 euros pour les voyages sur le terrain, soit un montant total de 17 000 euros.
Architecte de nationalité suisse, Quentin Clémence, s’est focalisé sur l’histoire de la Cité Universitaire d’Antananarivo, un ensemble de 1.500 logements conçu par l’architecte français Roland Simounet, construit à une période clé de l’histoire malgache, entre l’indépendance de 1960 et la révolution universitaire de 1972, qui a conduit à la «malgachisation» du pays et à la fin du pouvoir français.
Etudiant en Master dans la mention Histoire, parcours Histoire Société et Culture au sein de l’université d’Antananarivo, Sareaely Hajaina Kenny explore comment le Kaiamba a aidé à construire une identité culturelle malgache commune, en s’appuyant sur l’analyse des artistes, des paroles, des couvertures d’albums, ainsi que des codes esthétiques et des pratiques sociales qui leur sont liées.
«Cette recherche vient combler un vide historiographique en documentant un courant à la fois musical, visuel et social et en croisant de nombreuses sources liées à ce mouvement artistique et musical significatif de la fin du XXe siècle», poursuit-on.
Chaque lauréat livre, à l’issue de son année de recherche, un article scientifique d’une quinzaine de pages. Les 5 premiers articles seront publiés en 2026 dans un «digest» qui sera largement distribué afin que cette connaissance soit amplement partagée.
Joachin Michaël




