Une grève d’intérêt particulier à visée politique ? Cela en a tout l’air au moment où la Jirama s’apprête à renforcer son plan de redressement, à commencer par la refonte de son statut établi il y a un demi-siècle.
Quelques-uns au sein du collectif du personnel de la Jirama, en déclenchant cette grève générale à partir de ce jour, n’oeuvrent que pour leur intérêt personnel égoïste. Ils ne sont pas sans savoir que la Jirama fournisse de services essentiels vitaux qui constituent une restriction au droit de grève et dont l’interruption pourrait mettre en danger la vie de la population. C’est antiéconomique même dans un contexte de crise énergétique où l’Etat et la direction de la Jirama, ambitionnent de mettre en place un plan efficace, pour redresser la situation de la compagnie nationale d’eau et d’électricité, en difficulté depuis des décennies.
Visiblement, parmi les têtes à ne plus présenter, composant ce Collectif, il y en a qui veulent à tout prix défendre leur profit personnel et embarquer le personnel dans une grève politique qui dit bien son nom, en prenant en otage la population et paralysant le pays tout entier.
Pourquoi ils s’opposent fermement au changement de statut de la Jirama ? Car en se faisant, toutes leurs magouil-les et combines seraient révélées au grand jour qui signerait également la fin de la manne. Et le fait de dire que cette réforme du statut, ouvre la voie à une privatisation déguisée et pourrait entrainer à une hausse exorbitante de facture, ne sont que des idées fantaisistes, destinées à manipuler l’opinion publique.
La direction générale de la Jirama a déjà précisé que le plan de redressement n’entraîne ni privatisation ni vente d’actions ni licenciement. Mais ce Collectif ne l’entend pas de cette oreille, prêt à sacrifier la population, pour servir une cause personnelle.
Refus de dialogue
Le ministre de l’Energie et des Hydrocarbures, Olivier Jean-Baptiste, a qualifié cette grève d’« illégale ». Ce responsable ministériel évoque particulièrement le non-respect des procédures obligatoires concernant les préavis de grèves. Il rappelle que l’eau et l’électricité sont des « services essentiels », et que la réforme engagée vise à « sauver la société de la faillite, non à la privatiser ».
Dans ce sens, le ministre Olivier Jean-Baptiste a indiqué que « les grévistes avaient été conviés à une réunion, à laquelle ils n’ont finalement pas pris part ». Il affirme par ailleurs qu’une grande partie des employés ne soutiendrait pas ce mouvement de grève.
Besoin de réformes
A l’heure où la Jirama a besoin de réformes urgentes pour garantir sa survie, les actions syndicales risquent de précipiter sa chute. La Jirama n’est pas une société comme les autres. « C’est un service public, vital pour la population. L’accès à l’eau et à l’électricité est un droit fondamental », rappelle le ministre. Le droit de grève ne peut s’exercer ici comme dans une entreprise ordinaire. D’autant plus que la situation actuelle est déjà critique. Le barrage d’Andekaleka, affiche un niveau historiquement bas. Les délestages se multiplient. Et les syndicats choisissent ce moment pour paralyser le réseau ?
Le prétexte de la «défense de l’identité publique» ne tient pas la route. Ce refus de modernisation bloque toute tentative de redressement. La réforme vise à sauver la Jirama de la faillite, pas à la liquider. De plus, le statut actuel de la Jirama est vieux de 75 ans qui a été élaboré du temps de la deuxième république.
Pour l’Etat, brandir le spectre de la privatisation pour rejeter tout changement, est irresponsable de leur part. Empêcher la population d’avoir accès à l’eau et à l’électricité, c’est inacceptable. Les mesures des syndicalistes semblent être antiéconomiques, antisociales et antidémocratiques. La Jirama a besoin de réformes, pas d’un sabotage.
Rakoto




