Silence toxique

Eh ben, comme on dit en malagasy, « ny ahiahy tsy ihavanana », le soupçon n’annonce jamais rien de bon. Un mois après l’affaire d’intoxication alimentaire survenue à Ambohimalaza, on est loin d’avoir tourné la page. Pire, on est entré dans une spirale de flou et de… cacophonie générale. Et pour cause, il y a une absence manifeste de communication quelque part.
Au départ, les autorités sanitaires ont promis des points de situation quotidiens. Le dernier communiqué officiel remonte pourtant le 6 juillet, et depuis, c’est silence radio. Forcément, dans un tel vide, tout le monde se sent expert et chacun y va de son hypothèse. Botulisme pour certains, empoisonnement délibéré pour d’autres, on se perd.
La presse internationale quant à elle, n’a pas aidé à calmer le jeu en affirmant même que le laboratoire français où des échantillons avaient été envoyés ne disposait même pas de la capacité de détecter la toxine botulique. La toile s’est évidemment enflammée. Depuis quelques jours, circule en plus la photo supposée de l’initiateur de la fameuse fête, accompagné de rumeurs encore plus folles les unes que les autres. Tout cela pendant que les principaux choisissent de se murer dans un silence, pensant peut-être que le temps effacera les interrogations.
Et puis il y a eu ce petit électrochoc depuis hier car des quotidiens de la capitale ont osé remettre le sujet sur le devant de la scène, relançant le débat, posant des questions que tout le monde se pose tout bas. Et là miracle, des voix officielles ont commencé à se manifester.
La moralité de cette histoire c’est que quand on laisse le silence s’installer, c’est le désordre qui prend la parole. L’affaire Ambohimalaza n’est pas seulement une crise sanitaire ; c’est désormais une affaire de confiance. Une fois de plus, on constate que dans un pays où la transparence est encore perçue comme une option et non une obligation, les soupçons, eux, s’installent comme une évidence.

Rakoto

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