Ce ne sont plus seulement les adultes qui font l’objet de trafic transnational d’être humain. Même les enfants en sont aujourd’hui victimes. C’est ce qui est arrivé à un bébé de sexe féminin âgé de huit mois. La tentative a avorté à l’aéroport international d’Ivato.
Grâce à la vigilance de la Police de l’air et des frontières, une femme qui prétendait être sa mère a été appréhendée alors qu’elle allait rejoindre le Gabon avec le bébé. La femme a reconnu qu’elle a été payée pour convoyer le bébé jusqu’à destination.
Dans les cas précédents, ce sont tous des adultes qui ont fait l’objet d’un tel trafic. Pour ce faire, les trafiquants utilisent de nombreux artifices pour arriver à leurs fins. Avec la promesse d’un travail à l’étranger, des femmes malgaches étaient parties en Afrique.
Mais une fois arrivées sur place, c’était toute une autre histoire. Elles ont été séquestrées. On croit savoir qu’elles étaient destinées l’exploitation sexuelle par un réseau de prostitution. Fort heureusement, l’histoire s’est bien terminée car l’une des séquestrées a pu établir un contact avec l’extérieur.
Cette fois-ci, il s’agit d’un bébé de huit mois, c’est-à-dire un être humain qui ne pouvait pas se défendre et encore moins, comprendre ce qui lui arrivait. On se demande alors les véritables mobiles de ce type de trafic d’êtres humains. Si c’est pour avoir un enfant à élever, il y a d’autres moyens.
Il suffisait de faire une demande officielle d’adoption auprès de l’administration concernée. Certes, les démarches administratives pour ce type de demande sont lourdes et longues. Mais a priori, aucune démarche dans ce sens n’a pas été faite. Au contraire, on a préféré agir illégalement. Ce qui laisse à penser que le but était toute autre.
L’Etat malgache doit établir des contacts avec son homologue gabonais pour essayer de savoir le fond des choses. On ne peut pas croire que ce soit une action exceptionnelle. Il doit bien exister un réseau bien rodé quand on considère le nombre de personnes déjà impliquées dans cette affaire.
On se demande bien comment certaines personnes arrivent à faire de telles choses sans que leur conscience en soit affectée. Il s’agit tout de même de vendre un bébé à l’étranger comme s’il s’agissait de n’importe quelle marchandise. Seulement pour de l’argent ?
Quoi qu’il en soit, un tel acte ne peut bénéficier d’aucune indulgence. Un tel agissement est pire que celui des dahalo qui pillent le bétail des éleveurs pour se faire de l’argent. Déjà le trafic d’êtres humains est abject en soi. Ici il s’agit d’un bébé sans défense. Les acteurs de ce trafic méritent la peine maximale.
Aimé Andrianina




